MOMENT DU BRUIT DE FROTTEMENT
seconde partie de la systole, couvrant le petit silence. 11 peut arriver en pareil cas que ce bruit de frottement devenu court donne au rythme du cœur l'apparence d'un rythme à trois bruits, donnant l'idée d'un dédoublement du second bruit.
Quant au foyer supérieur, le bruit isolé n'y est jamais double, il correspond à la systole et lient à l'augmentation du volume de l'artère pulmonaire au moment de l'arrivée de l'ondée sanguine. Ce qui le prouve, c'est que ce bruit de frottement systolique ne commence pas toujours avec la systole, il ne se produit quelquefois que quand la dilatation artérielle est à son maximum ; il en résulte alors un retard dans ce bruit de frottement qui permet d'entendre auparavant le premier bruit du cœur et donne à l'oreille un bruit de souiïle immédiatement précédé et immédiatement suivi d'un claquement.
Contrairement au bruit anémique, ce bruit de frottement ne diminue pas par la position assise ; et, comme lui, il est modifié par l'arrêt de la respiration et par l'effort. Mais je dois dire que ces modifications sont moins formelles que dans l'anémie, parce que l'état de dyspnée des malades et la crainte d'une syncope ne permettent pas d'insister sur l'expérience.
Le troisième caractère des bruits péricardiques est le timbre. Ce caractère est le mieux connu, il est rude, bruit de cuir neuf (Collin), frottement ou frôlement (Bouillaud), bruit de raclement, de râpe, de scie, de neige comprimée, bruit crépitant à saccades (N. Gueneau de Mussy), bruit de soufflet (Lathaus, Stokes). 11 est superficiel et variable par le fait de la position ou de la pression.
La position couchée le fait augmenter si l'épanchement est peu abondant (Stokes, Corrigan), mais il augmente au contraire dans laposition assise s'il n'y a que très peu ou pas d'épanchement.
Il augmente encore par la pression ou par l'expiration forcée.
Lnlin, il n'y a pas de bruit vasculaire morbide qu'on modifie plus rapidement par les ventouses, les sangsues et surtout les vesicatoires.
Résumons donc les caractères si importants de ces bruits : Le bruit de frottement péricardique n'apparaît pas au début
188 PÉRICARDE ET PÉRICARDITE.
môme de la péricardile (Mayne, Slokes), il est souvent précédé par les douleurs extrinsèques. Il se montre d'abord au bord inférieur du cœur, monte rapidement le long du sternum et peut bientôt atteindre le sommet du péricarde si la péricardite reste sèche .
Si Tépanchement se produit, il disparaît de bas en haut pour reparaître de haut en bas à mesure que l'épanchement dispaaîtra.
Son foyer maximum correspond à la partie inférieure et au bord gauche du sternum. Il y a de temps en temps un second foyer au niveau de l'artère pulmonaire.
Au point de vue du temps, le bruit de frottement est souvent double, systolique et diastolique, puis, s'il se réduit de durée, il cesse d'abord dans la diastole, puis au début delà systole, pour ne plus exister que dans la seconde moitié de la systole, couvrant le petit silence.
Au niveau du foyer de l'artère pulmonaire, le bruit, quand il est isolé, est renforcé au moment de la systole. 11 peut n'exister que pendant la systole et même y retarder au point de laisser entendre d'abord le premier bruit du cœur.
Au point de vue du timbre, il est plus souvent rude que doux et se modifie facilement par la position, la pression ou le traitement.