COMPLICATIONS DE LA PKRICARD1TE
les hypothèses, il a été absolument impossible de s'entendre.
Stokes, remarquant avec quelle facilité relative le cœur supporte les pressions exercées sur lui par les organes voisins altérés, a voulu chercher ailleurs les causes de la syncope. Les pleurésies gauches, les tumeurs du médiastin ne détermineraient pas facilement des accidents aussi redoulables que la péricardite avec épanchement. Cependant, il est bien admis aujourd'hui que, dans les cas de pleurésie gauche, on voit survenir parfois assez fréquemment la mort subite, mort que l'on peut attribuer, non sans raison, à la pression exercée par le liquide intrapleural sur la totalité du cœur.
Remarquons, d'autre part, que, dans un plus grand nombre de cas qu'on ne le croirait peut-être, soit un anévrysme, soit une tumeur quelconque du médiastin, le cœur supporte parfaitement la pression anormale exercée sur lui, et qu'en outre il subit probablement un déplacement réel, le plus souvent avec torsion autour de la veine cave inférieure, déplacement en vertu duquel la pointe se porte vers le sternum ou ailleurs. Ce mécanisme du déplacement du cœur lui permet d'échapper, pendant un certain temps, à une compression dangereuse.
Quoi qu'il en soit, Stokes avait recherché dans l'état du muscle cardiaque lui-même la cause de la mort subite, et il avait admis, trop théoriquement peut-être, l'existence d'une myocardite concomitante. La myo-péricardite était créée; elle seule expliquait la syncope. Disons-le sans ambages, l'hypothèse de Stokes n'était qu'une hypothèse ingénieuse, absolument théorique.
L'expérimentation est heureusement venue nous donner des faits indéniables et permettre à une théorie plus scientifique de s'établir.
Le 28 mai 1877, le docteur F. Frank communiquait à l'Académie des sciences le résultat de ses expériences sur la compression du cœur. Un tube, adapté au péricarde porte dans la cavité péricardique l'air soumis à une pression croissante, et il obtient facilement la mort de l'animal.
11 est donc parfaitement inutile d'aller chercher en dehors du péricarde la cause de la mort subite.
PÉRICARDITES LATENTES. 165
Cependant, il ne faudrait pas accorder à la pression intrapéricardique la cause exclusive du mécanisme de la mort subite. Il est bien certain que les nerfs du cœur ont aussi leur rôle dans la production de cet accident.
Quant à savoir s'il existe réellement des péricardites compliquées de myocardite, ces myo-péricardites de Stokes n'ont pas été fréquemment relevées, que je sache. Aussi ne peut-on à cet égard faire autre chose que poser un point d'interrogation et attendre les faits.
Jusqu'ici nous avons supposé que la péricardite est primitive ou protopathique ; or, dans le plus grand nombre des cas, il faut bien le reconnaître, la péricardite est secondaire ou symptomatique. Elle a, dans ces conditions, grande chance pour nous échapper. Dans tous les cas, elle portera légitimement le nom de péricardite latente . Les troubles fonctionnels lui appartenant en propre sont voilés, modifiés, ou manquent môme plus ou moins complètement.
Les conditions étiologiques de la péricardite latente sont des plus variables. Nous allons les passer rapidement en revue. L'âge tout d'abord est souvent un point important. Chez le nouveauné, les péricardites passent le plus souvent inaperçues, tantôt parce qu'elles disparaissent au milieu des phénomènes multiples de l'athrepsie (Parrot), tantôt parce qu'elles sont englobées au milieu des troubles graves qui caractérisent le puerpérisme infectieux de Lorain. Dans son mémoire sur les péricardites latentes, notre interne, M. Letulle, en rapporte un exemple intéressant.
Chez le vieillard, l'indépendance remarquable des différents organes se retrouve à l'état pathologique, en particulier dans les cas de péricardite. Il ne faut pas être surpris quand on entend dire que des vieillards ont pu se promener avec une pleurésie ou une péricardite purulente.
D'autres fois la péricardite sera latente, parce qu'elle, est voilée par d'autres phénomènes plus accusés, dus aux organes de voisinage : une affection grave des organes thoraciqucs, une lésion osseuse de la région précordiale, voilà autant de