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BRUITS DE SOUFFLE DE L ENDOCARDITE

gulièrement, non seulement au point de vue des symptômes locaux, mais encore des symptômes généraux.

Lorsque l'endocardite atteint les valvules sigmoïdes de l'aorte, elle se localise d'abord au niveau des nodules d'Arantius. Si les végétations y prennent une certaine importance, il se fait en réalité un rétrécissement de l'orifice, et l'on trouve un bruit de souffle dont le schéma forme une colonne ascendante le long du bord droit du sternum. Cette colonne part en général du troisième cartilage droit et monte jusqu'à la clavicule (fig. 42).

Fig. i ï.

Fig. 43.

Ce souffle est systolique et couvre le petit silence; il est suivi immédiatement par le claquement sigmoïdien, mais jamais il ne passe dans le grand silence. Il reste purement systolique. Au point de vue du timbre, il est en général rude et superficiel ; il ne change pas dans les attitudes variées que peut prendre' le malade.

Si les lésions sont telles qu'une insuffisance se produise, par exemple par l'adhérence d'une des valvules à la paroi du vaisseau ou du retrait de son bord libre, le bruit de souffle est tout autre. Son schéma forme, au contraire, une colonne descendante à partir du troisième cartilage droit; cette colonne, qui a à peu près la largeur du sternum, occupe le bord droit et la plus grande partie de cet os, elle descend souvent au-dessous du bord inieneur du cœur jusque sous l'appendice xiphoïde (fig 43)

188 ÊNDOCAIlDli ET ENDOCARDITE.

Ce bruit est diastolique, remplace le claquement sigmoïdien de l'aorte, mais ne se prolonge pas très longtemps dans la diastole, car il ne supprime presque jamais le grand silence d'une manière complète. Quant à son timbre, il est doux et profond. Le bruit augmente par la station debout, qui permet au sang de refluer plus complètement dans le ventricule en y ajoutant la pesanteur (1). Ce bruit exige une grande attention pour être bien apprécié, en raison de son siège profond et de sa douceur. C'est le bruit qui passe le moins bien dans les stéthoscopes ordinaires ; mais le stéthoscope à caisse de renforcement le recueille très bien et permet, par l'addition de tubes, de le faire comparer à d'autres bruits systoliques en les faisant arriver successivement dans la môme oreille.

Non seulement les phénomènes locaux diffèrent, mais de même les phénomènes généraux. Nous ne sommes plus en face de l'altération d'un orifice veineux, mais bien d'un orifice artériel. Ce n'est plus la cyanose qui se produit, mais la pâleur et l'anémie, une sorte de chlorose temporaire avec anémie.

Ces deux bruits systoliques et diastoliques sont faciles à distinguer des bruits anémiques, puisqu'ils siègent de l'autre côté du sternum. Du reste, on a bien plus souvent à les entendre tous deux réunis qu'à les différencier.

(I) La position fait varier les bruits de souflle en les augmentant ou les atténuant, suivant que, dans la position déterminée, la pesanteur aide ou gêne la circulation dans l'organe qu'on explore. Ici la pesanteur aide le reflux du sang dans le ventricule, elle augmente le bruit; dans l'anémie c'est le contraire. Je ne puis donc accepter la proposition de M. Cuffer, que tous les souffles se modifient et s'alténuent quand ou fait passer le malade de la position couchée à la position assise ou penchée en avant. (Cuiïer, Des causes qui peuvent modifier les bruits de souffle, 1877, p. 10.)

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