‹ Diagnostic et traitement des maladies nerveusesChapitre 13 sur 322 · III. — Examen de la motilité du tronc · texte numérisé non relu

III. — Examen de la motilité du tronc

1° — Muscles delà respiration

L Diaphragme . — La survie est possible après u ne paralysie complète du diaphragme, mais l’hématose sefaittrès mal, le malade reste incapable de tout effort, la voix est faible et provoque l’essoufflement, et la moindre complication broncho - pulmonaire devient très grave. La toux, l'éternuement, l’expuition, la défécation sont très pénibles.

A l’état normal, si l’on découvre un malade et qu’on observe les mouvements respiratoires, à chaque inspiration on voit la base du thorax s’élargir dans tous les sens, par élévation et ah ludion des côtes ; en même temps l'hypogaslre et les hypachondres se soulèvent.

Lors pie le diaphragme est paralysé, la respiration alîecte le type coslo-supérieur, la base du thorax reste immobile, I épigastre et les hypochondres s’affaissent. Ce mouvement

6st très faci,e à apprécier par la main appliquée sur l'abdomen (I ).

La co ni raclure du diaphragme amènerait la morl rapide par asphyxie (Duchennc).

2 ' Intercostaux. - Ce sont des agents très puissants d msp.ration ; en prenant un point d’appui sur leurs attaches super, eures ils élèventfortement les côlesel élargissent

le thorax dans tous les sens.

Lorsqu ds sont paralysés, la respiration costo-supérieure ne se fait plus. De plus la paroi thoracique s'affaisse et se rétrécit, les côtes deviennent très obliques; la capacité thoracique est très diminuée.

A létal normal leur rôle est assez effacé, leur paralysie 11e compromet pas la vie. Leur rôle devient très important dans la paralysie du diaphragme.

•in Muscles inspirateurs auxiliaires. Ce sont les scalènes, les sterno-cléïdo-mastoïdiens, la portion claviculaire du trapèze, les petits pectoraux, les sous-claviers.

Malgré leur paralysie 1 inspiration costo-supérieure reste possible ( intercostaux). La contraction des scalènes peut être sentie à travers le creux sus-claviculaire. Quant aux autres muscles, nous avons déjà vu (trapèze) ou nous verrons (si. cl. mast.) les signes de leur paralysie.

I oui les mêmes raisons nous ne parlerons pas des musel 's auxiliaires accessoires tels que grand dentelé, rhomboïde, grand pectoral, grand dorsal.

4 Muscles expirateurs . — Pour se rendre compte de l’état des muscles des parois abdominales, il faut provoquer une exp ration lorcée par exemple prescrire au malade de tousser. La paralysie des muscles de l’abdomen est souvent

(I) La radioscopie a apporté 1111 moyen très facile d'observer directement les mouvements du diaphragme, que l'on voit très nettement s'élever et s'abaisser. Elle sera certainement très utile dans les paralysies du diaphragme.

DIAGNOSTIC DK LA LOCALISATION l)lT SYMPTOME lit)

une cause de dysnrie. Mais surtout il y a des troubles importants dans lesmouvements de lacolonne (Voy. plus loin).

2° — Mouvements de la colonne

A. — Région i.o.misaihe

1° Mouvements d'extension. — Les muscles moteurs de la colonne redressent le corps penché en avant, et combattent dans cette position l’action de la pesanteur. Lorsque ces muscles sont paralysés, si le sujet conserve son attitude normale la pesanteur entraînant le corps en avant, fléchirait la colonne, et la chute serait inévitable. Pour 1 éviter le malade place sa colonne en hyperextension, avec lordose lombaire, pour que la pesanteur n’agisse plus dans le sens de la flexion mais bien de l’extension : les muscles abdominaux résistent à cette hyperextension. Mais celte, attitude a une autre conséquence: elle reporte en aniere le centre de gravité, et la verlicale qui en serait abaissée tomberait en arrière de la base de sustentation et amènerait une chute totale. Pour l’éviter le malade place ses cuisses et ses jambes en demi-flexion pour ramener la ligne de gravité sur la base de sustentation.

Lorsqu’il s’agit de simple faiblesse il est très facile d’exploier ces muscles en faisant exécuter un mouvement d’extension à la colonne.

Lorsque ces rnusdes s atrophient les gouttières vertébrales se creusent.

~° Mouvements de flexion. — Lorsque les muscles fléchisseurs de la colonne sont paralysés, il se produit encore une lordose lombaire, par le mécanisme suivant. Lorsqu’à l’elat normal, le tronc, dans les divers mouvements, se trouve porté en arrière en extension, la pesanteur tend à exa-érer cette extension : le sujet résiste à l’aide de ses muscles abdominaux fléchisseurs de la colonne, sans eux il tomberait.

Lorsque ces muscles sont paralysés, il faut donc que le malade évite qu’à aucun moment la pesanteur n’agisse dans le sens de l’extension de la colonne. Pour parer à cette éventualité, il fléchit le bassin en avant, mais alors si la colonne conservait sa forme normale, la ligne de gravité du corps tomberait en avant de la base de sustentation, et la chute se produirait en avant. C’est pour cela que le haut du corps se rejette en arrière pour ramener la ligne de gravité sur la base de sustentation. De ces deux mouvements, flexion du bassin et rejet du corps en arrière, résulte l’ensellure lombaire. L’attitude est alors très comparable à celle de la double luxation congénitale de la hanche.

Pour explorer les muscles fléchisseurs de la colonne, on prescrit au malade étendu horizontalement sur le dos de se relever, sans le secours des mains, pendant que la main palpe les muscles abdominaux.

Lorsqu’il y a paralysie à la fois des fléchisseurs et des extenseurs de la colonne, la station debout, et la station assise sont impossibles. La marche à quatre pattes est encore possible.

R. — Région dorso-cervicale

1° Extension. — Si les muscles extenseurs de la région dorso-cervicale s’affaiblissent, la colonne s’incurve en avant en cyphose; le sujet peut encore la redresser par un grand effort, mais celui-ci ne peut être prolongé. Celte cyphose se distingue facilement d’une cyphose osseuse par sa disparition dans la position couchée. La production de cette cyphose tendant à porter en a van l de la base de sustentai ion du corps la ligne de gravité du corps, le sujet y remédie par 1 hyperextension du bassin, sur les cuisses, sans production de lordose compensatrice.

Une paralysie unilatérale produit une lordose.

Page 1