V. — Exploration des muscles du larynx
A. — Troubles de la phonation
1" Aphonie complète, le malade ne parle qu’à voix basse, chuchotée.
2° Voix rauque, enrouée, bitonale.
B. — Trourles de la respiration
1° Dyspnée avec tirage; accès de suffocation, cyanose delà face = diminution plus ou moins considérable de l’ouverture glottique.
2° Impossibilité de la toux, de l’effort, de tous les mouvements qui nécessitent la fermeture de la glotte.
Remarque. — On ne peut baser un diagnostic sur les troubles fonctionnels seuls, l’examen laryngoscopique est absolument indispensable.
II — Examen laryngoscopique.
\° Examen. 1° S’assurer qu’il n’existe aucune lésion inflammatoire, spécifique ou néoplasique des divers tissus.
2U Examiner : a) la forme de la glotte au repos; b) ses mouvements pendant les grandes inspirations; c) ses mouvements dans l’émission d’un son.
2° Symptômes constatés et leur signification.
A. — Symptômes unilatéraux
1" Une des cordes vocales a perdu une partie de ses mouvements :
a) La lorme de la glotte est normale au repos ; les mouvements associés aux grandes inspirations se fout normalement; dans l 'émission d’un son, une des cordes vocales ne dépasse pas la position respiratoire = paralysie fonctionnelle unilatérale des mouvements de phonation (hystérie).
b) La forme de la glotte est normale au repos, les mouvements respiratoires se font bien ; pendant l’émission d’un son, on voit un des cartilages aryténoïdes basculer en arrière (contraction des crico-aryténoïdiens postérieurs non
contrebalancée par la contraction du crico- thyroïdien), la corde vocale se bombe en haut et vibre mal = paralysie du crico-thyroïdien.
c) Une des cordes vocales reste dans la position du repos, ne s’écarte pas dans les grandes inspirations, se rapproche normalement de la ligne médiane dans la phonation, mais avec un mouvement de bascule en avant du cartilage aryténoïde = paralysie du crico-aryténoïdien postérieur (Jelen(î'y).
B. — Une des cordes a perdu la totalité de ses mouvements.
a) Cette corde est immobilisée en abduction extrême, dans la position qu’elle prend à l’état normal dans les mouvements inspiratoires forcés. Aucun mouvement. La corde, de l’autre côté, a des mouvements normaux; leur amplitude peut même s’exagérer, la corde saine peut dépasser la ligne médiane dans la phonation = paralysie unilatérale des constricteurs de la glotte, avec conservation ou spasme du dilatateur (crico-aryténoïdien postérieur).
b) La corde paralysée est immobilisée en position intermédiaire. Comme dans le cas précédent, la corde saine peut dépasser la ligne médiane et arriver en contact dé la corde paralysée, alors l’aphonie disparaît =paralysie complète du récurrent.
c ) La corde vocale est immobilisée en adduction, sur la ligne médiane (I) = lésion des récurrents.
B. — Symptômes bilatéraux
1° Laryngoplégies incomplètes.
a) La forme de la glotte est normale au repos, les mouvements respiratoires se font bien, les mouvements réflexes d’adduction (toux, effort...) se font bien; pendant les essais
(I) On .n'est pas d'accord pour l’explication de ce cas, les uns admettent des paralysies, les autres des spasmes.
DIAGNOSTIC DE LA LOCALISATION DU SYMPTOME -il
de phonation les cordes vocales ne se rapprochent pas ; aphonie = paralysie fonctionnelle des mouvements de phonation (aphonie hystérique).
b) La glotte prend une forme anormale dans la phonation : t° elle 11e se ferme que dans la partie ligamenteuse restée ouverte dans laportion cartilagineuse (paralysie isolée du muscle ary-aryténoïdien); 2° elle se ferme dans laglolte cartilagineuse, mais laisse une fente fusiforme enlre les deux cordes (paralysie du thyro-aryténoïdien interne).
Dans tous ces cas il s’agit de paralysies partielles, soit hystériques, soit de causes locales (laryngite, nodule des chanteurs, fatigue par surmenage, etc.).
c) Insuffisance de tension = paralysie du crico-lhvroïdien (laryngé supérieur).
2° Laryngoplégies complètes.
a) Larynx immobile, les cordes en abduction extrême aphonie, toux aphone, impossibilité de l’effort = paralysie hystérique.
b) Cordes immobilisées en position intermédiaire = paralysie double du récurrent.
c) Cordes immobilisées en adduction, tirage, asphyxie (1).
VI. — Exploration des muscles du pharynx. I. — Troubles fonctionnels.
a) Phonation. — Voix nasonnée de la paralysie du voile du palais. Ne pas la confondre avec la voix nasonnée de 1 obstruction des fosses nasales (rhinolalie fermée). Vérifier par l’ examen direct si la rhinolalie ouverte n’est pas due à une perforation du voile ou de la voùtedu palais(congénitale,
(1) On n’est pas d’accord sur l’interprétation <io ces cas ; soit paralysie du dilatateur, soit spasmes «les constricteurs, soit spasmos do tous les muscles.
gomme...) ou à une insuffisance de développement (insuffisance vélo-palatine).
b) Déglutition. — Peut être absolument impossible (paralysie complète). Rejet des aliments surtout des boissons par le nez (paralysie du voile). Pénétration de particules alimentaires dans le larynx : toux et suffocation.