INORGANIQUE
Ce diagnostic est très difficile, car un trouble fonctionnel (hystérie, intoxication...) peut simuler absolument une lésion.
En passant en revue les différents signes, nous aurons surtout en vue l’hémiplégie hystérique. Le diagnostic se basera :
lu Antécédents et âge des malades ; mode de début; évolution.
Une hémiplégie survenant chez un sujet jeune, ne présentant pas de lésions cardiaques , pas d’infection, ni d’intoxication d’aucune sorte, non suspect de syphilis, sans autres symptômes de lésion en foyer (tumeur, tubercule, etc...) fera fortement soupçonner l’hystérie.
Si le sujet présente des tares nerveuses personnelles ou héréditaires; si surtout il était un hystérique avéré, la présomption se fortifie.
Si l’hémiplégie a débuté brusquement, à la suite d’une émotion ou d’une crise nerveuse; si elle est variable, sujette à des rémissions presque complètes et brusques = le diagnostic est presque certain.
S'il y a d’autres manifestations hystériques, si la recherche des stigmates est positive, le diagnostic est à peu près certain .
2° Caractères propres de l’hémiplégie.
1° Dans les deux cas la paralysie peut être complète ou incomplète, atteindre la face ou la respecter, être flasque ou s'accompagner de contractures; s’accompagner ou non d’atrophie musculaire.
2" Une hémiplégie absolument totale et complète, avec
intégrité complète du côté opposé (1) — hémiplégie fonctionnelle probable.
3° Une hémiplégie avec contractures très accusées, ne s’accompagnant d’aucune modification des réflexes du côté opposé = hémiplégie probablement fonctionnelle.
4° Hémicontracture, atteignant la face et simulant une paralysie faciale du côté opposé = origine fonctionnelle probable (2).
5° Hémiplégie avec diminution marquée du tonus =. organique.
6° Hémiplégie avec hémianesthésie (voy. plus loin).
l°Signe de Babinski .-réflexe plantaire se produisant avec extension des orteils = atteinte du FPy (voy. p. 217).
8° Signe de Schaffer : n’est qu’une variante du signe de Babinski (voy. p. 218).
0° Signe de Hœsslin (3) : ne s'observe que sur les membres incomplètement paralysés. Lorsque à un sujet atteint d’une paralysie inorganique, on prescrit un mouvement quelconque, il se produit une contraction involontaire des muscles antagonistes. 11 y a deux moyens de mettre en évidence celte contraction des antagonistes : a) commander un mouvement ; la main palpe les antagonistes et perçoit leur contraction; b) commander un mouvement, s’opposer légèrement à sa production , puis cesser brusquemen t cette opposition; s il s agit d une paralysie organique, le mouvement s’achève brusquement; s’il s’agit d’une paralysie hystérique, le mouvement ne s’achève pas (contraction des antagonistes).
10 Babinski (4) a observe dans 1 hémiplégie organique le
(1) On sait., en effet, qu’une lésion organique donnant une hémiplégie complète, atteint toujours à quelque degré le côté opposé.
(-.) La contracture des muscles, très rare dans I hémiplégie faciale organique, existe cependant (Th. Foucher, Paris, 1880).
(3) M. It. Von Hœsslin. Un signo pour le diagnostic différentiel d une paralysie hystérique avec une paralysie organique des iriemhres. Miïnch. mcd. Wochenschrift, 7 mars 189!).
(i) Soc. mèd. des hop., 30 juillet 97.
DIAGNOSTIC DES LESIONS EN FOYER
mouvement associé suivant : lesujetétant couché horizontalement fait un effort pour s’asseoir = la cuisse se fléchit sur le bassin et le talon quitte le sol (à l’état normal, la cuisse est immobilisée par la contraction des extenseurs, et le talon ne quitte pas le sol). Ce mouvement associé existe aussi dans certains cas de sciatique, il n’existe pas dans l’hémiplégie hystérique.
11° La contraction du peaueier du cou du côté sain est plus énergique que d’habitude, lorsque le malade ouvre la bouche, siffle — présomption en faveur d’une lésion organique (Babinski).
12° Abolition du réflexe cutané de Rosenbach (voy. p. 220) = présomption en faveur d’une lésion organique.
13° 11 y a de l’incontinence des sphincters, de la fièvre du décubitus acutus = lésion organique.
B. Siège de la lésion dans l’hémiplégie organique.
La lésion peut siéger en un 'point quelconque du faisceau
pyramidal, depuis son origine jusqu’à son passage dans la protubérance. Au-dessous de la protubérance, la lésion du El’y détermine encore de l’hémiplégie, mais alors la lace est respectée et il y a d’autres symptômes.
La lésion peut siéger dans le cortex, au niveau des ci r—
L’ENCEPIIALE
convolutions centrales (fig. 56 et 57) dans le centre ovale, dans la capsule interne, dans le pied des pédoncules.
Ce sont les autres symptômes qui précisent la localisation.
B. Valeur localisatrice des monoplégies
1° Diagnostic des monoplégies organiques.
a) Les monoplégies inorganiques sont assez rares; pour leur diagnostic se baser sur les mêmes signes que pour l’hémiplégie.
b) La monoplégie crurale ou brachiale par lésions des nerfs périphériques est assez facile à distinguer de la monoplégie de cause cérébrale.
Tandis que la monoplégie brachiale ou crurale par lésion périphérique : a) débute à la suite d’une infection ou d’une intoxication (névrites périphériques) ; à la suite d’un traumatisme (lésion du plexus) ; ou d’une affection causale quelconque siégeant dans la môme région (compression par une tumeur, inflammation au voisinage d’un abcès, etc...) ; b) présente des troubles de la motilité et des troubles de la sensibilité (objectifs ou subjectifs; superposés ; c) des modifications de la trophici té : atrophies musculaires ; c) des modifications des réactions électriques.
La monoplégie crurale ou brachiale de cause cérébrale : a) débute plus ou moins soudainement avec ou sans ictus ; sans cause périphérique pour l’expliquer ; b) ne présente habituellement pas de troubles objectifs de la sensibilité ;
c) pas de modifications de la trophici té ; cl) pas do modifications des réactions électriques.
c) La monoplégie crurale ou brachiale par lésions radiculaire ou médullaire se distingue par les mêmes signes distinctifs que précédemment, mais de plus la localisation des troubles moteurs, sensitifs et trophiques; les symptômes concomitants mettent sur la voie de la lésion causale (vov p. 303).
368 DIAGNOSTIC DES LÉSIONS EN FOYER
d) La paralysie faciale par lésion périphérique (soit sur le tronc, soit sur les origines bulbaires du nerf facial)est très lacile à distinguer de la paralysie faciale de cause cérébrale (lésion siégeant sur le neurone moteur central du FPy).
Dans le premier cas le facial tout entier est paralysé: • l’œil grand ouvert ne peut plus se fermer, ou se ferme incomplètement (orbiculaire) ; les larmes coulent sur les joues (paralysie du muscle de Horner), le front ne se plisse plus normalement (m. frontal, m. sourcilier).
Dans le second cas les muscles groupés autour de l’orbite et innervés par le facial supérieur sont presque intacts. Les symptômes précédents n’existent pas et il faut une exploration minutieuse pour s’apercevoir que le facial supérieur est légèrement paralysé.
2° Siège de la légion dans les monoplégies d’origine cérébrale.
1° Faciale. — La lésion est corticale et alors siège sur la partie inférieure des frontale et pariétale ascendante (fig. 58) sous-corlicale, au-dessous du point précédent ; au niveau de la capsule interne, au niveau du genou; dans le pédoncule, à la partie interne du pied.
Fig. 58. — Lésion corticale do la monoplégie faciale.
2" Brachiale. — La lésion est corticale = partie moyenne des circonvolutions centrales.
Sous-corticale, au-dessous des circonvolutions précédentes.
Fig. 89. — Lésion corticale de la monoplégie brachiale.
Au niveau de la capsule interne dans sa partie moyenne.
3° Crurale.
La lésion est corticale = partie supérieure des circonvolutions centrales, et au niveau du lobule paracentral.
Elle peut siéger au niveau du centre ovale, au-dessous de la région précédente ; dansla capsule interne vers sa partie postéreure.
Fig. 60. — Lésion corticale de la monoplégie crurale.
4° Hémiplégie laryngée.
La question de l’hémiplégie laryngée de cause cérébrale est très discutée. Disons seulement que GareletDor (t) oui observé dans un cas une lésion de l’opercule rolandique ;
(1) Gard ut Dor, Le centre cortical du larynx {Annales des maladies de l'oreille, mai 1880)*
J. Houx. — Maladies nerveuses 21.
DIAGNOSTIC DES LÉSIONS EN FOYER
Dejérine (1) un ramollissement sous-cortical au-dessous du pied de la troisième frontale, et dans un autre cas un faisceau dégénéré dans le bras postérieur de la capsule interne ; Garelet Dor (2) un ramollissement très limité au niveau du genou; Dide et Weill (3) un ramollissement de la couche optique atteignant la capsule interne dans la région du genou (4).
5° Ptosis.
L accord n est pas fait encore sur la localisation de la lésion dans le ptosis d’origine cérébrale (5).
Le releveur de la paupière, comme d’ailleurs l’orbiculaire possède deux centres de chaque côté : l'un au niveau du centre visuel, à la face interne et inférieure du lobe occipilal ; l’autre au niveau des circonvolutions centrales, probablement vers le pied de la deuxième frontale.