‹ Diagnostic et traitement des maladies nerveusesChapitre 175 sur 322 · DE I.A LÉSION · texte numérisé non relu

DE I.A LÉSION

A. — Les traumatismes peuvent venir du dehors (coups, blessures...) ou du dedans (hémorrhagie cérébrale...).

lu Traumatismes externes. Suivant le degré du traumatisme, il y a simple compression, contusion, solution de continuité, destruction des éléments nerveux.

a) Dans la compression simple, ou la contusion, il y a une tendance naturelle à la guérison qu’il suffit de favoriser ou ne pas entraver. Dans la compression ou la confusion directe des nerfs périphériques, le massage, l’électrothérapie, les exercices actifs peuvent rendre des services.

b) Lorsqu’il y a solution de continuité, la guérison est plus difficile Pour les nerfs périphériques, la guérison peut encore se faire spontanément si les bouls sectionnés ne sont pas écartés. Au lieu d’en courir le risque, il vaut mieux recourir à une intervention chirurgicale (Voirplus loin).

Les solutions de continuité traumatiques de la moelle et des centres nerveux ne sont pas susceptibles d’une telle réparation et il faut se contenter d’en atténuer et combattre les symptômes.

c) Dans la destruction des éléments nerveux, la guérison spontanée est exceptionnelle. Pour les nerfs périphériques, détruits sur une partie de leur étendue, il est rare que le bout central bourgeonnant retrouve sa voie vers la périphérie, si on ne l’y aide pas par une intervention chirur-

i gicale.

Dans la destruction d’une partie de la moelle ou des centres, la lésion est irréparable, et il faut se contenter de combattre les symptômes.

2« Traumatismes internes. La compression, la contusion, la solution de continuité, la destruction des éléments nerveux peuvent être la conséquence d’un foyer hémorrha-

gique (hémorrhagies méningées, cérébrales, médullaires, hémalorachis... hématome des nerfs, des plexus...) d’une lésion de voisinage (lésion de la boîte crânienne, de la colonne, des méninges, des tissus avoisinant les nerfs, etc.).

Avant de s’occuper des éléments nerveux traumatisés, il faudra s’adresser à la lésion traumatisante. En dehors des moyens chirurgicaux (Voir plus loin), nous sommes ici bien désarmés; l’intervention médicale n’est efficace que dans quelques cas.

Contre les foyers hémorrhagiques, nous ne pouvons à peu près rien que chercher à en prévenir la formation de nou-

veau. Nous savons par exemple que l’hémorrhagie cérébrale est préparée par les lésions artérielles (artérites, anévrismes ' miliaires) ; nous combattrons celles-ci par l’iodure de potassium ou de sodium. Les parois artérielles se rompent sous l'influence des causes qui provoquent l’hypertension; nous combattrons celles-ci par l’hygiène, un régime sévère, des purgatifs répétés, la prohibition du surmenage et de tous les excès. Le terrain lui-même n’est pas sans influence sur la production des lésions et de la rupture des artères : sachant quels malades sont prédisposés à l'hémorrhagie cérébrale, nous n’attendrons pas qu’elle se soit produite pour instituer le régime, l’hygiène et la thérapeutique destinés à la prévenir.

Contre le foyer hémorrhagique lui-même, nous ne pouvons rien médicalement .

Dans les lésions de voisinage, le traitement médical est également très restreint : la révulsion, les pommades dites fondantes, les résolutifs ne sont guère destinés qu’à masquer l’inaction du médecin. Le traitement de l’état général est déjà mieux, il favorise l'effort naturel vers la guérison.

Si la lésion est tuberculeuse, l’huile de foie de morue parait un adjuvant utile. 11 n’ya réellement qu’un casoù le traitement médical est efficace, c’est lorsque la lésion est syphilitique (Vov. traitement de la syphilis des centres nerveux ) .

TRAITEMENT CHIRURGICAL

3° Lésions inflammatoires du système nerveux.

Doués d’une arme puissante lorsque celte inflammation est syphilitique, nous sommes presque impuissants dans le cas contraire.

Dans les névrites localisées d’origine paludéenne le sulfate de quinine est utile ; dans le cas de rhumatisme, le sali cylatede soude peut produire une amélioration rapide.

Dans les lésions tuberculeuses de la moelle ou de l'encéphale, dans les encéphalites, les méningites localisées, les abcès de la moelle, de l’encéphale, le traitement médical ne peut être que symptomatique et palliatif.

4° Lésions néoplasiques. — Le traitement médical ne peut absolument rien contre l’évolution d’une tumeur.

5° Ischémie et ramollissements.

Pour prendre un exemple typique : une jeune femme atteinte de rétrécissement urétral et frappée d’hémiplégie droite avec aphasie ; le diagnostic est précis : embolie de la sylvienne. Que faire ? a ) Nous savons que dans le réseau pré-mérien il y a des anastomoses : favoriser le rétablissement de la circulation sur les confins des territoires ischém'és ; on pourra essayer les vaso-dilatateurs : iodure de sodium , t r i n i tri ne, nitrite d’amyle ; b ) le ramollissement une fois défi nflif échappe à notre intervention; c) favoriser les suppléances par la rééducation.

Traitement chirurgical des lésions en foyer du système nerveux (1)

Les lésions en foyer du système nerveux représentent par excellence le champ d’action de la chirurgie en pathologie nerveuse. Nombre d’entre elles ont déjà retiré de notables benehees de son intervention; mais il n’est pas douteux

J!) .Co chaP|lrc a été rédigé on entier par notre excellent ami le D Guinard, de Saint-Etienne.

qu’il faille attendre encore davantage de l’action chirurgicale. C’est sur la connaissance anatomique plus approfondie

des lésions el surtout sur une plus grande précision du diagnostic préopératoire qu’il faut compter pour réaliser de nouveaux progrès.

Dans les quelques pages qui suivent, nous nous sommes bornés à formuler brièvement les indications opératoires propres aux cas les plus fréquents. L’espace nous étant mesuré d’avance, nous avons supprimé toute discussion et simplement indiqué la pratique que nous estimons la meilleure dans chaque cas particulier.

1» Plaie récente, complète, nette, sans corps étranger (coup de couteau).

Affronter exactement parla suture immédiate les deux bouts du nerf sectionné en ménageant le plus possible les fibres nerveuses (1) : dans ce but, passer les fils parallèlement à l'axe du tronc nerveux.

(1) La restitution de la continuité du nerf a pour but de favpriscr la régénération du cordon nerveux.

On sait qu’après la section d’un nerf, le bout périphérique subit fatalement la dégénérescence wallérienne et se trouve, au bout d un temps variable selon les espèces, des semaines et même des mois chez l’homme, réduit à ses gaines de Schwann, sans myéline ni cylindre axe. Or l'expérimentation a montré que les cylindres axes du bout central non dégénéré, végètent, donnent naissance a des bouquets de cylindres axes secondaires. Ces cylindres axes poussent et se ramifient là où ils trouvent le moins de résistance a leur accroissement ; ceux d'entro eux qui rencontrent le bout périphérique trouvent dans la lumière des gaines de Schwann, ou plutôt nnirn rn « erninns. une voie toute tracée, adoptent, le trajet et la < is

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