NERFS PÉRIPHÉRIQUES ET PLEXUS
A. — Plaies des nerfs
TRAITEMENT CHIRURGICAL
Veiller avec soin à l’asepsie de la plaie : épargner aux fibres nerveuses le contact des antiseptiques (1).
En attendant la régénération du nerf (6 mois en moyenne) combattre les atrophies et les dégénérescences par le mas- ; sage et l’électrothérapie.
2° Plaie récente, complète, contuse, avec perte de subsj tance et corps étrangers (coups de feu).
Ouverture large du foyer, extraction des corps étrangers, toilette de la plaie ; avivement large des bouts contus et déchiquetés du nerf. Faire, selon l’étendue de la perte de substance, soit la suture immédiate après élongation des deux bouts, soit la suture à distance avec des tresses de catgut (Assaky) ou la suture tubulaire de Van Lair. On pensera à ! la greffe nerveuse si le bout central n’a pu être retrouvé et s’il existe un autre nerf de volume suffisant dans le voisinage du bout périphérique (plexus).
3° Plaie récente, incomplète, sans corps étranger.
Piqûre d’un nerf collatéral des doigts ou des orteils (orii gine fréquente de névrites graves et étendues).' Asepsie rigouieuse ; surveiller 1 apparition des phénomènes inflammatoires ou douloureux.
Section partielle d’un tronc nerveux. Rétablir la continuité de la portion entamée par un ou deux points de t suture.
4 I laie récente, incomplète, avec corps étranger (aiguille, * débris de verre, fragments de balle, etc.).
Las fiéquent. Dans tous les cas, extraire le corps étranger i et assurer la continuité du nerf.
(1 tar 1 asepsie, le chirurgien s’oppose à la destruction du nerf par la suppuration sur une étendue plus ou moins longue de son trajet, a la formation d'un tissu de cicatrice dense et abondant, oui gone la progression des jeunes cylindres axes, et par dessus tout au développement de la névrite qui, descendante substitue aux lésions d atrophie simple dos tissus des lésions dystrophiques boau-
up p us graves et ascendante devient dangereuse pour l’existence meme du sujet.
.1. Roux. — Maladies nerveuses 2;j
•-,u Plaie ancienne complète. La suture nerveuse n’a pas élé faite.
Suturer les deux bouts du nerf, quel que soit le temps écoulé depuis le traumatisme et quels que soient les accidents observés. Dans ce but recherche patiente et quelquefois difficile des deux bouts, résection du névrome central, avivement du bout périphérique, résection du tissu fibreux interposé entre les deux bouts et suture soit immédiate, soit à distance (1).
B. — Compression des nerfs
1° Les troubles paralytiques sont apparus rapidement à la suite d’une compression passagère et de courte durée (paralysie radiale dite a frigore).
Ces cas relèvent du massage, de l’électrothérapie, de la gymnastique.
2° Les troubles paralytiques se sont installés lentement, progressivement à la suite d’un traumatisme ou consécutivement à l’apparition d’une tumeur (englobement ou compression du nerf par un cal vicieux, inclusion dans un tissu de cicatrice, compression par un sarcome, un anévrisme, une exostose, etc.).
(1) En clinique, à la suite de la suture nerveuse, on a observé les quatre éventualités suivantes : « 1° La suture n’est suivie d’aucun retour rapide, ni de la sensibilité, ni de la motilité qui reviennent tardivement, la sensibilité d’abord, la motilité ensuite (cas le plus fréquent) ; 2o la suture est suivie d’un retour rapide de la sensibilité, tandis que la motilité reste absente pour ne reparaître que plus tard ou pas du tout ; 3° la suture est suivie d’un retour rapide de la sensibilité et de la motilité ; 4° les choses ne sont modifiées en rien, la suture a échoué » (Ed. Schwartz). 11 ressort de là que la régénération du nerf n’est pas le seul mode de restauration des fonctions nerveuses.
Au point de vue thérapeutique, d’après Spijarny, la suture nerveuse procure la guérison dans la moitié des cas, une amélioration manifeste dans la plupart des autres et n’échoue complètement qu’une fois sur dix environ.
T RAITEM ENT CM I RURGtCAL
Libérer le nerf en cas d’inclusion osseuse (radial) ou cicatricielle. Supprimer l’agent de la compression (cal de la clavicule, cote cervicale rudimentaire). Si le nerl est trop altéré ou complètement détruit, suture, après suppression du segment malade ou avivement des deux bouts.
Dans certains cas, l'agent comprimant n’est pas enlevable; s'il y a paralysie sans névrite, recourir à la prothèse; s’il y a de la névrite, pratiquer les interventions spéciales (voy. Névrites).