V- — Troubles cardiaques et respiratoires. Sont assez
souvent symptomatiques d’une lésion du pneumo-gastrique.
Dans la polynévrite, les troubles dans le domaine des nerfs crâniens peuvent être précoces, et ils n’ont pas forcément une signification grave.
Dans la poliomyélite antérieure et la myélite aiguë diffuse, les troubles suivent une marche ascendante régulière; lorsqu’ils atteignent le bulbe et les nerfs crâniens, le pronostic est extrêmement grave.
Évolution. — Est très variahle, la polynévrite peut se terminer par la mort, par exemple, par des troubles bulbaires comme dans la poliomyélite et la myélite aiguë diffuse. Elle guérit le plus souvent et alors elle guérit en général d’une façon beaucoup plus complète que les myélites.
(t) Lapinski, Zeit. /'. Klin, med., 1890, vol. XXXVIII, p. 223.
(2) Voy. Déjeri ne et Mi raillé, lier, de mèd., 1897, p. îjO.
B. — Types cliniques
1° Névrite motrice, ressemble beaucoup à la poliomyélite antérieure dont il est quelquefois impossible de la distinguer.
2° Névrite sensitive : le type en est la névrite absintbique, avec ses douleurs et ses hyperesthésies.
3° Forme mixte : début par des troubles moteurs et sensitifs, persistance des troubles moteurs, disparition rapide des troubles sensitifs.
4° Forme pseudo-tabétique. Tantôt la simulation est grossière, le malade steppe et il y a une certaine ressemblance avec la démarche tabétique.
Tantôt il y a une véritable incoordination analogue à celle du tabes ; ces cas sont rares et le diagnostic n’en est pas très difficile.
5° Névrite périphérique avec troubles intellectuels.
Psychose polynévritique. Maladie de Korsakow (1887)
L’alliance de la polynévrite et de troubles mentaux peut s'observer dans diverses circonstances :
I" On a à la fois de la polynévrite et de la confusion mentale, deux effets parallèles d’une même cause : soit intoxication soit infection.
2° La polynévrite détermine des troubles mentaux, par suite des sensations anormales qu’elle envoie à interpréter à un cerveau prédisposé.
3“ La polynévrite s’accompagne de troubles cérébraux tout particuliers, et qui seuls doivent constituer la maladie de Korsakow. Suivant leur intensité ces troubles cérébraux sont constitués : a) par de l’amnésie simple, du type dit amnésie rélro-antéro-grade de Charcot, amnésie continue de Janet ; b) par l’amnésie avec des pseudo-réminiscences, le malade situant mal scs souvenirs dans le temps et dans
l’espace par suite des lacunes du champ de la mémoire (voy. p. IQi; c) par de l’amnésie, des pseudo-réminiscences el des altérations de la personnalité, le malade, dans ses souvenirs. s’attribuant des faits et des actes qui ne lui appartiennent pas.
Ces troubles mentaux sont si caractéristiques qu’ils permettent le diagnostic de maladie de Korsakoiv même en l'absence de polynévrite.
La maladie de Korsakow n’est donc pas caractérisée par l’alliance de la polynévrite et de troubles mentaux, mais par l’aspect clinique de ceux-ci (1).