‹ Diagnostic et traitement des maladies nerveusesChapitre 20 sur 322 · TRAITEMENT DU SYMPTOME PARALYSIE · texte numérisé non relu

TRAITEMENT DU SYMPTOME PARALYSIE

ble dans chaque cas particulier, le malade s’exercera à oblenir des muscles parésiés le maximum de contraction. Ces contractions ne seront pas poussées jusqu’à la fatigue. On pourra les combiner aux mouvements passifs, en ordonnant au malade de résister aux mouvements quel’opérateur imprime à ses membres.

4° L ' ëlcctrolhéraine (1) ne s’adresse pas uniquement au symptôme. Ses indications sont variables suivant les cas.

D’une façon générale employer l’électricité sous la forme où elle excite le mieux la contractilité musculaire.

Pas de courants faradiques toutes les fois qu’il y a menace de contractures.

5° Prothèse musculaire. Lorsque certains muscles sont plus ou moins définitivement supprimés fonctionnellement, on peut essaver de suppléer leur action par des appareils prothétiques.

La prothèse n’est possible que dans les paralysies bien localisées ; elle suppose l’intégrité des antagonistes. C’est en empruntant la force de ceux-ci qu’elle essaye de restituer aux segments de membre les mouvements perdus. On comprendra mieux par un exemple.

Supposons une paralysie complète et définitive des extenseurs de la main et des doigts (V oy. p. 6). 11 y a impotence presque complète de la main, car les fiéchisseurseux-mèmes sont gênés dans leur action (V. p. 14). Plaçons sur l’avantbras un bracelet, sur le carpe un gantelet, réunissons-les par un ressort dont la force est proportionnelle à celle des fléchisseurs de la main : le poignet est maintenu en extension et la faiblesse apparente des fléchisseurs disparait. Ajoutons un anneau sur chacune des premières phalanges des quatre derniers doigts ; réunissons ces anneaux au gan-

(1) On no trouvera pas dans co livre de chapitre « électrothérapie » : il existe trop d’articles et de traités spéciaux pour que nous ayons voulu donner dos notions que le cadre de cet ouvrage aurait rendues trop succinctes.

J. Roux. — Maladies nerveuses. 5.

■iC> LES TROUBLES DE LA MOTILITÉ

telet du carpe par des ressorts appropriés : les premières phalanges sont maintenues étendues et l’extension des 2e et 3e (Iombricaux, interosseux) n’est plus génée (Voy. p. 9-10). Avec un tel appareil on restitue à la main presque tous les mouvements perdus (1): pendant les mouvements de flexion du poignet et des lros phalanges, les ressorts empruntent aux fléchisseurs une forcequ’ils restituent ensuite en produisant le mouvement antagoniste. Sans doute l’action des fléchisseurs s'en trouve diminuée d’aulant: mais sous l’influence de l’exercice ils ne tardent pas à s’hypertropliier.

Le principe de la prothèse musculaire est donc celui-ci : emprunter aux muscles sains, ordinairement aux antagonistes, laforce nécessaire pour suppléer l’action des muscles paralysés.

Dans son application la prothèse suppose une connaissance exacleel minutieusede l’action des muscles qu’il s’agit de remplacer.

Ses avantages sont : 1° de prévenir la production d’allitudes pathologiques, qui seraient préjudiciables à l’action des muscles restés sains, et tendraient à devenir permanentes, par rétractions libro-lendineuses ; 2° de restituer artificiellement des mouvements perdus.

Dans certains cas on se contente de rechercher le premier résultat. Ainsi dans la paralysie du grand dentelé, les mouvements d’élévation du bras sont très compromis par le mouvement de bascule de l’omoplate (Voy. p. 23). Il suffit de fixer cet os pour que l’élévation du bras se fasse bien jusqu’à l’horizontale. Dans le but d’obtenir cette fixation de l’os, on a eu recours à des tentatives chirurgicales (fixation de l’omoplate aux côtes).

La paralysie des muscles fléchisseurs de l’avant-bras pro-

(1) Il n'est pas jusqu’aux mouvements de latéralité dos doigts qu’on ne puisse récupérer, par une direction convenable des ressorts.

TONUS MUSCULAIRE

duit une impotence complète du membre supérieur : les mouvements de la main, même intacts, deviennent presque inutiles, puisque la main ne peut être portée là où elle est nécessaire. Un simple appareil immobilisant le coude à angle droit lui rend la plus grande partie de ses usages.

Les développements que nous avons donnés plus haut au diagnostic des muscles paralysés montreront suffisamment l’utilité que peut avoir un appareil prothétique dans chaque cas particulier (I).

6° Intervention chirurgicale. — Lorsque près d’un muscle complètementparalysé se trouvent des muscles sains on peut essayer de leur emprunter tout ou partie de leurs fibres en les suturant au tendon du muscle paralysé.

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