II. — Traitement curatif
1° De la maladie
1° Supprimer la cause et pour cela se comporter comme pour la prophylaxie.
2° Fortifier le système nerveux. 11 ne s’agit pas ici de donner les prétendus toniques dont l'effet est le plus souvent nul, parfois très nuisible. Le fer est très utile s’il y a de l’anémie; s’il est mal supporté, on pourra le remplacer par le bioxyde de manganèse. Surveiller l’alimentation, combattre les troubles digestifs, régulariser les fonctions digestives, au besoin faire de la suralimentation, obtenir que l’hystérique engraisse. Suractiver la nutrition par le massage, l’exercice modéré. Exciter et fouetter le système nerveux par des excitations sensitives, douches froides, frictions au gant de crin.
3° Régulariser ses réactions. Les bromures ne seront donnés que s’il y a de f hyperexcitabilité réflexe. Le bromure chez les hystériques ne semble donner des résultats que dans le cas où il y a de l’exagération des réflexes roluliens. La valériane et les valérianutes sont souvent très utiles dans les mêmes cas.
Pour régulariser les réactions du système nerveux, il faudra beaucoup moins compter sur un traitement médica-
HYSTÉRIE
menleux que sur un traitement psychothérapique. Dans les cas sérieux, la première chose a faire est de s ovliv le malade de son milieu habituel. En etlet, entre le système nerveux anormal du malade et le milieu dans lequel il vit, il se fait une sorte d’adaptation pathologique. Les symptômes de la névrose ne sont que la traduction de celte adaptation pathologique : le système nerveux s est habitué à réagir d’une façon propre, anormale, a tous les excitants qui l’environnent. Pour arriver à redresser ces réactions, a corriger l’adaptation pathologique, à la remplacer par une adaptation physiologique; il faut tout d’abord supprimer les excitants habituels, changer le milieu. Transporté dans un autre milieu, le malade aura à laire une nouvelle adaptation et l’on pourra diriger celle-ci.
Dans un grand nombre de cas, ce changement de milieu est une mesure absolument nécessaire.
Dans le nouveau milieu où sera placé le malade, une tutelle éducatrice est nécessaire. Le malade doit être di rigé et soutenu dans la nouvelle éducation qu’il doit faire de tous ses réflexes : celte direction doit s’exercer d’une façon constante. 11 ne suffit pas, par exemple, à un aboulique, qui ne peut se lever ni marcher, de lui ordonner avec autorité de se lever et de marcher : môme avec le secours de l’hypnotisme, cette façon d’agir échouerait lamentablement : il faut que le médecin par une rééducation méthodique, par un entraînement progressif, lui montre successivement qu'il peut mouvoir ses jambes avec force et les lui fasse mouvoir; que ses jambes peuvent le supporter et lui faire voir immédiatement que ses jambes peuvent exécuter les mouvements de la marche, etc., etc... Tout cela demande non une suggestion brève et rapide, mais tout un ensemble de pratiques dont la base est la rééducation et Y entraînement suggestif, suivant la formule de Bernheim et scs élèves (I).
( I) L’espace nous manque pour développer cette psychothérapie. J. Roux. — Maladies nerveuses 28
m DIAGNOSTIC DES TROUBLES FONCTIONNELS
2° Des accidents. Nous ne parlerons pas ici du traitement symptomatique, qui diffère peu de ce qu’il est ailleurs. Le traitement pathogénique pourra s’inspirer de l’idée fixe causale découverte par l’étude des antécédents ou par le sommeil hypnotique. Janet, après avoir découvert cette idée fi vg, s attache a la dissocier, a la faire oublier, à la remplacer par une autre (1).