C. — Localisation des objets dans l’ espace
Un œil ayant un ou plusieurs muscles paralysés localise mal les objets dans l’espace : c’est la raison de la diplopie.
Avec l’œil qui est devant le tube, le patient voit une ouverture rectangulaire, l’autre œil restant ouvert voit le carton : les deux yeux ne voyant pas la même chose, le réflexe de vision binoculaire est supprimé.
Si le patient accommode pour l'infini (pour cela lui faire fixer un objet éloigné), il voit le rectangle se projeter en des points différents suivant sa statique oculaire.
Fig. 21. — L’œil droit regardant dans l’appareil (fig. 20) et accommodant pour l’infini, voit l’orifice O se projeter en :
A, Si l’équilibre musculaire est parfait (axes visuels parallèles).
11, S’il y a insuffisance de convergence.
C, — excès de convergence.
I), — parésie du droit supérieur.
K, — — du droit inférieur.
j'\ — — du petit oblique.
G, — — du grand oblique. . ,
I, inclinaison du grand axe du rectangle indique le sens de la rotation.
Supposons par exemple que dans l’état de repos complet les deux axes optiques deviennent parallèles, et que l'œil droit soit place (lovant l’appareil : le rectangle sera vu en A en face de 10G et a une distance du centre O égale à la distance qui sépare les yeux.
Si les axes visuels, au lieu d'être parallèles, sont divergents (m-
SÉMÉIOLOGIE DE LA VISION
La fausse localisation dans l’espace est très facile à mettre eu relief lorsqu’il y a diplopie, lorsqu’un œil sain donne à côté de la localisation fausse, une localisalion exacte qui sert de point de comparaison.
Chez un malade qui n’a qu’un œil il est plus difficile de la dépister : en plaçant un objet à environ 50 cm. du malade on lui prescrit de mettre rapidement, sans hésiter, le doigt sur cet objet ; si l’œil présente une parésie môme légère, on voit le doigt se placer à côté du but; en répétant l’expérience on voit que l’erreur est toujours à peu près la même et de même sens. Cette expérience a la même signification et la même valeur que la recherche de la diplopie : elle indique le sens et la grandeur de la déviation de l’image, et le schéma de la fig. 19 est encore ici applicable.
Celte expérience rend encore des services lorsqu’il existe des paralysies dans les deux yeux : en expérimentant successivement sur chaque œil, on voit alors que les deux images sont toutes deux déviées. Elle est surtout utile chez les borgnes.
D. — I roubles de l’orientation subjective
On sait maintenant qu’il n’y a pas un seul nerf de l’espace, que I orientation est une opération complexe, à la-
suffisance de convergence, parésie do l'un des droits internes), le rectangle s’éloigne du côté de B. '
Si les axes visuels sont convergents (parésie des droits externes paralysie de la di vergence), le rectangle se dirige vers O, lo dépassé vers G. Il est facile de voir de môme que dans la parésie du droit supeneur, le rectangle vient en D; en E dans la paralysie du droit intérieur; on F dans la paralysie du petit oblique; on' G dans l'insuffisance du grand oblique.
L’explication est absolument la môme que dans la diplopie.
Le seul mérite do cet instrument est, en supprimant lo réllexo de vision binoculaire, de faire apparaître ta déviation des images symptomatique de parésie très légères. Son grand défaut est d'être rop sens'ble et de nécessiter de la part du patient une certaine intelligence pour comprendre ce qu'on veut de lui.
quelle prennent part tous nos nerfs centripètes, les uns pour situer notre propre corps, notre moi, les autres pour situer le non moi.
Mais certaines sensations ont une importance prépondérante, le sens de la vue par exemple. Au début d’une diplopie l’orientation est fortement compromise, puisque l’œil malade localise les objets, le non moi, dans un lieu où ils ne sont pas. Celte désorientation objective peut amener, par un mécanisme qu’a bien expliqué Bonnier (1 ), une désorientation subjective c’est-à-dire le vertige. Le vertige est un symptôme fréquentdes paralysies oculaires. Il dure tant que le malade n’a pas appris à distinguer l’image pathologique, et à la négliger, en attendant qu’ilTannihile complètement (disparition de la diplopie, puis à la longue amblyopie ex anopsia).