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II. — Troubles des sensations rétiniennes

1° Champ visuel. — Il faudra en fixer l’étendue, soit grossièrement à 1 aide de deux doigts progressivement écartés, jusqu’à ce que l’un d’eux disparaisse, soit à l’aide de deux bougies dont l’une est fixée, l’autre promenée dans le champ visuel, en notant le point où elle disparait, soit beaucoup mieux, et toutes fois que les examens précédents auront fait soupçonner des modifications, à l’aide du campimètre qui en fixera nettement les limites.

Les modifications du champ visuel peuvent se ramener à plusieurs types : a) rétrécissement concentrique régulier, lorsqu’il est limité par une ligne courbe; b) rétrécissement en secteurs, lorsqu’il est limité par une ligne brisée; c) hémianopsie, lorsque la moitié du champ visuel a disparu (I); dans l'hémianopsie, tantôt la ligne qui sépare

(1) L’hémianopsie est latérale lorsque c’est une dos moitiés latérales, droite ou gauche, du champ visuel qui est abolie. L'hémianopsie est verticale, supérieure ou inférieure, lorsque c’est la moitié supérieure ou inférieure du champ visuel qui est abolie.

En considérant les deux yeux, on distingue pour les hémianopsies latérales :

a) L’hémianopsie latérale droite (ou gauche) homonyme = abo-

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la moitié abolie de la moitié saine du champ visuel est verticale ; tantôt elle dessine une encoche. On dit alors que la vision centrale est intacte; d] scotome, lorsqu’il existe une tache obscure environnée de portions où la vision est conservée : le scotome peut être central ou périphérique.

2" Acuité visuelle. — On V apprécie grossièrement en faisant lire des caractères plus ou moins gros, distinguer des objets, ou lorsqu’elle est presque entièrement nulle, distinguer le jour de la nuit. On la mesure avec des échelles spéciales (1), la réfraction étant préalablement corrigée.

lition de la vision dans tes moitiés droites (ou gauches) du champ visuel, de chaque œil ;

b) L'hémianopsie hétéronyme, bi-temporale = abolition de la vision dans les moitiés externes, ou temporales des champs visuels;

c) L’hémianopsie hétéronyme bi-nasale = abolition de la vision dans les moitiés internes, nasales, des champs visuels.

(1) Ces échelles sont constituées par des caractères d’imprimerie, d’une grandeur déterminée, que le sujet doit reconnaître à une certaine distance (o m.). L’acuité visuelle est soit en raison inverse dè la grandeur des caractères, soit en raison directe de la distance à laquelle ils sont reconnus.

Lorsque les sujets ne peuvent reconnaître les lettres (soit qu’ils ne sachent pas lire, soit qu’ils aient de la cécité verbale), on emploie des tableaux portant des figures dont le sujet doit reconnaître la direction. Mieux encore, on emploie des tableaux portant des groupes de points noirs plus ou moins gros et plus ou moins rapprochés et que le sujet doit compter.

Suffisante en pratique, cette méthode ne détermine que très approximativement l’acuité visuelle, car elle met en jeu un facteur, cérébral, psychologique, la reconnaissance qui est variable suivant les sujets. Il est bien certain qu’un illettré, sachant à peine lire, reconnaît moins facilement des lettres qu'il voit aussi bien qu’un homme instruit habitué à lire.

Si l’on voulait mesurer exactement la sensibilité de la rétine, il faudrait faire les deux expériences suivantes :

a) Le sujet placé dans une chambre noire fixo sur fond noir un cercle de grandeur donnée, dont l’éclairage est diminué progressivement jusqu’à ce qu’il disparaisse : la sensibilité à la lumière est en raison inverse de l’éclairage. On peut ainsi mesurer la sensibilité rétinienne pour les diverses couleurs. On peut aussi mesurer la sensibilité, non seulement du point de fixation, de la macula, mais des portions périphériques de la rétine.

b) Le sujet étant placé dans une chambre noire fixe deux points qui

3 Vision des couleurs. — On V apprécie grossièrement avec des corps colorés quelconques; avec des cubes colorés el un campimètre, on peut déterminer le champ visuel pour chaque couleur. Il y a dyschromatopsie pour telle ou telle couleur lorsque celle-ci n’est pas distinguée. 11 y a achromatopsie lorsque aucune couleur n’est distinguée, que tout est vu gris. Il y a hémiachromatopsie lorsque la vision des couleurs est abolie seulement dans une moitié du champ visuel.

3° Troubles de la sensibilité générale de l’œil (1) et de l’orbite.

L’œil dans tou les ses parties accessibles doit être exploré au point de vue des différents modes de sensibilité,

sont progressivement rapprochés jusqu’à ce que l’œil les confonde en un seul : leur distance à ce moment mesure l’acuité visuelle. Cette expérience est à la rétine ce que le compas de Weber est à la peau : c’est le sens du lieu de la rétine. L'expérience peut être faite successivement pour la macula et pour les portions périphériques de la rétine.

Les Arabes connaissent depuis longtemps cette expérience, ils appellent certaines étoiles doubles : l’épreuve de la vue. N’est considéré comme ayant une bonne vue que celui qui parvient à les dissocier.

(1) La sensibilité générale de l’œil joue un rôle très important dans la vision : celle-ci n’est pas une sensation simple, c’est le résultat d’une synthèse de sensations, c’est un jugement.

Lorsque nous regardons un objet, que nous en apprécions la forme, le contour, le relief, la rétine n’est pas seule à nous apporter des renseignements. Seule elle nous donnerait le profil de l’objet, sa couleur, son éclairage plus ou moins intense. Les deux rétines fonctionnant simultanément nous donneront de plus la sensation du relief, la vision stéréoscopique. Mais pour que nous localisions exactement l'objet dans l’espace, pour que nous apprécions exactement scs dimensions en profondeur, il faut qu’interviennent une foule de sensations parties du globe oculaire, do l’orbite, des muscles oculomoteurs, etc...

Lorsque nous localisons un objet on un point de l'espace, par exemple, il faut : a) que par le nerf vestibulairc nous ayons une connaissance exacte do la position dans l’ospace (par rapport à la

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comme tout le reste de l’organisme; on pourra y trouver les mêmes modifications. Les seules particularités à signaler, c’est que la sensibilité de la conjonctive et celle de la cornée sont jusqu’à un certain point indépendantes et peuvent varier en sens inverse.

4° Troubles des processus supérieurs de la vision.

Jusqu’ici nous n’avons examiné que les sensations élémentaires, situées. Il nous faut pousser l’exploration plus loin, et voir comment ces sensations élémentaires s’associent entre elles, avec les sensations antérieures, avec les autres sensations, etc.

G est par toute une série de processus de synthèse que s’opèrent la vision, l’appréciation des qualités d’un objet, sa

verticale, c'est-à-dire à la pesanteur) de l’extrémité céphalique; b) que par le trijumeau nous ayons la notion exacte de la position du globe oculaire par rapport à l'extrémité céphalique ; c) que par la retine nous ayons la connaissance exacte de la position de l’objet par rapport à l’axe visuel; cl) enfin que par les sensations dont la convergence et 1 accommodation sont le point de départ, nous sachions à quelle distance cet objet se trouve-de l’œil.

Nous voyons donc que la vision est un phénomène complexe le résultat de là synthèse d’un grand nombre de sensations. La vision peut donc être troublée même alors que la rétine et les conducteurs visue s sont intacts. Voilà pourquoi les lésions de la capsule interne, sans toucher les conducteurs visuels (sans par conséquent déterminer de il hémianopsie), en donnant de l’hémianesthésie, peuvent troubler la vision : telle est l’explication do l’amblyopie croisée dans le» lésions des hémisphères.

Lannegràce, puis Bochterew (Neur. Cenlr., XIII, 94, analysé in AvchNeur. 95, p. 143, t. II), avaient déjà admis que dans les lésions cérébrales l amblyop.e croisée était sous la dépendance des troubles de la sensibilité generale. Kuprowitsch, détruisant la racine descendante du trijumeau, a en effet obtenu de l’amblyopie: Ces auteurs

feurs'T * , 68 t!',oublcs troPh>ques, soit des troubles vaso-mo-

teurs. Notre interprétation est un pou différente. Elle peut s’amdiquer aussi au moyen que Chibrct nous a donné de diagnostiquer les hemiancstliesieslatontcs(voy. Congrès d' ophtalmologie ,\x\xl\ \ 898)

i cconnaissance, etc... A chacun de ces processus correspond un trouble, un symptôme particulier.

1° Synthèse des sensations de chacun des deux yeux. Vision binoculaire.

Un objet vu parles deux yeux est vu par chacun de ceuxci, sous un angle, par conséquent sous un aspect un peu différent ; les deux images ne sont pas équivalentes. Dans 1 écorce du lobe occipital ces deux images se fusionnent, se synthétisent en une seule, qui nous donne la sensation du relief: vision stéréoscopique (I).

Apres avoir examiné la façon dont se fait la vision par chacun des deux yeux, il faudra rechercher l’état de la vision binoculaire, stéréoscopique. Pour cela on emploiera le stéréoscope, instrument suffisamment connu pour que nous n’ayons pas besoin d’insister (2).

2° Synthèse des sensations visuelles et des sensations du globe et de l'orbite.

Les sensations rétiniennes fournissent la notion d’intensité lumineuse, de couleur, le profil des objets dans l’espace.

Les sensations générales de l’orbite fournissent la notion de position des globes oculaires et de leurs axes visuels;

(1) Nous n’avons pas encore de théorie satisfaisante de la vision binoculaire. Du jour où on connaîtra exactement le mécanisme de la vision binoculaire, on connaîtra le mécanisme du jugement. La vision est un jugement, avons-nous dit.

(2) Voici par exemple un cas où cette épreuve sera très utile. On vient d’examiner une hystérique et on a constaté que l’œil droit était complètement amaurotique. On prend alors un stéréoscope : devant l'un des yeux (le gauche par exemple) est placée l’image d’une cage vide, devant l’autre l’image d’un oiseau. Le malade amaurotique de l’œil droit ne devrait voir que la cage : cependant il dit immédiatement voir un oiseau dans une cage. Les deux images ont donc été vues, puisqu’elles ont pu se fusionner en une seule. L’amaurose d’un œil avec conservation de la vision binoculaire, est caractéristique de l’amaurose hystérique (ou de la simulation).

SEMEIOLOGIE DE LA VISION

renseignent sur les mouvements du globe oculaire, de l’accommodation, de l’iris.

La synthèse de ces deux ordres de sensations aboutit à l’apprécialion de la profondeur, du relief, de 1a forme, complète les notions fournies par la vision binoculaire.

Il est assez difficile de se rendre compte des troubles de celle synthèse. On examinera la façon dont se fait l’appréciation monoculaire de la profondeur. Suivant le degré d’acuité, deux épingles, deux doigts, deux bougies allumées seront placés l’un légèrement en avant de l’autre : le sujet dira quel est le plus rapproché, et quelle distance les sépare (I).

3° Synthèse des sensations rétiniennes des sensations orbitaires et des sensations vestibulaires.

Les sensations vestibulaires localisent notre extrémité céphalique par rapport à la pesanteur, à la verticale.

Les sensations internes de l’orbite localisent l’œil et l’axe visuel par rapport à l’extrémité céphalique.

Les sensations rétiniennes localisent l'objet vu par rapport au globe oculaire et à l'axe visuel.

La synthèse de ces trois ordres de sensations a pour résultat la localisation exacte dans 1 espace du monde extérieur, du non-moi vu.

Nous avons vu plus haut (note de la page 128) comment cette synthèse est troublée par des sensations orbitaires fausses. Nous verrons plus loin comment elle peut aussi être troublée par des sensations vestibulaires fausses.

Mais les éléments de cette synthèse (sensations rétiniennes, sensations orbitaires, sensations vestibulaires) peuvent

„(*! C(Jtte épreuve no donne pas des résultats C’est qu'en effet d'autres éléments entrent en je lion monoculaire .de ta profondeur.

très satisfaisants, u dans l'apprécia-

ôlre intacts et la synthèse être troublée clans son processus intime.

Certains malades atteints de cécité psychique éprouvent le trouble suivant entre autres: ils voient très bien les objets (sensations rétiniennes); quelquefois les reconnaissent (association avec les images anciennes) mais ne peuvent se rendre compte de leur position dans l’espace. Ils voient les objets qui les entourent, mais veulent-ils marcher, ils se heurtent à tout ce qu’ils rencontrent. Ils sont incapables de se rappeler la disposition des lieux qu’ils connaissent bien (leur chambre, leur maison, la ville qu’ils habitent). Ils ne peuvent reconnaître leur droite et leur gaucbe; quelquefdis cependant ils y arrivent par un artifice, en faisant un signe de croix par exemple (association des sensations internes du bras et des sensations veslibulaires). Une jeune fille de Noichevski (1) ne pouvait plus faire de musique, parce qu'elle ne se rendait plus compte de la position respective des notes sur la portée. Une malade de Badal (2) ne pouvait s’habiller car elle ne se représentait plus la place que devaient occuper les différentes pièces de son vêtement. Elle ne pouvait manger pour la même raison. Le malade de Bernheim (3) pouvait tracer toutes les lettres ; mais lorsqu’il écrivait il ne savait placer ces lettres qui chevauchaient les unes sur les autres.

4" Synthèse des sensations rétiniennes, orbitaires, vestibulaires, avec les diverses sensations dont la synthèse donne ce qu’on a appelé le sens stéréognostique (V. plus haut p. 100 et précédentes).

C’est grâce à cette synthèse que l’œil fait son éducation

(1) Noichevski, Congrès des médecins russes, 1893, in Rev. Neur., 1894, p. 449.

(2) Bâclai, Arch. d’opht., 1888, p. 97.

(3) Bernheim, Rev. de médecine, 1885, p. G25.

SÉMÉIOLOGIE DE LA VISION

et arrive à une appréciation exacte de la forme. Lorsque l’éducation est faite, l’œil peut jusqu’à un certain point se passer du contrôle du sens sléréognostique.

D’ailleurs la clinique ne nous a pas donné de troubles isolés de cette synthèse, et très probablement ne nous en donnera jamais. Le sens sléréognostique, en effet, a son siège dans les circonvolutions centrales et c’est là aussi que siègent les sensations vestibulaires. Nous retombons donc dans les troubles analysés dans le paragraphe précédent.

bn Synthèse avec les sensations emmagasinées, les souvenirs. Reconnaissance.

ctj Lorsque nous voyons un objet quelconque, par exemple une bille rouge, nous savons immédiatement, nous reconnaissons qu’elle est rouge, qu’elle est sphérique, c’est-à-dire en somme que nous associons la sensation actuelle avec les sensations rouges antérieures, avec les sensations d’objets sphériques : c’est une première synthèse, une identification primaire.

Le malade de Nodet (I) savait ce que c’était qu’un cercle, un carré, une croix (images anciennes conservées); il ne pouvait retrouver ces figures dans un groupe de figures géométriques (lasynthèse de la sensation actuelle etdes sensations anciennes était abolie). Il savait ce qu’était la couleur rouge; il ne pouvait montrer cette couleur au milieu d autres, cependant il faisait la distinction puisqu’il savait choisir les carrés de même couleur. Il en était de môme du malade de Lissauer.

bj La sensation visuelle de bille rouge s’associe ensuite avec d’autres sensations, tactiles (palpation) auditives (bruit qu’elle fait en roulant), etc

De ces multiples synthèses résulte la connaissance des

(1) Nodet, loc cil., p. Il 'J.

J. Houx. — Maladies nerveuses N

qualités de 1 objet. Les malades atteints de cécité psychique et dont nous avons déjà parlé, ne savent plus ni les propriétés ni l’usage des différents objets qu’on leur présente (1). Cependant ils connaissent ces objets. On présente une montreàun deces malades, il en indique la forme, les qualités... ne peut dire ce que c’est, ni à quoi cela sert. Un instant après, on lui demande ce que c’est qu’une montre; il le sait parfaitement, peut la décrire, indiquer son usage.

Donc il y a intégrité d’une part des perceptions actuelles de l'objet, d’autre part des souvenirs laissés par les perceptions antérieures du même objet : la synthèse des deux est seule atteinte (2).

6° Synthèse des sensations précédentes avec les images verbales.

En môme temps que les synthèses précédentes nous font connaître les qualités d’un objet, il se fait une association avec le centre du langage, avec les images verbales-, le mot bille apparaît dans la conscience.

Certains malades voient les objets, reconnaissent leurs propriétés, savent leur usage... mais ne peuvent les nommer : la communication avec le centre du langage est coupée, la synthèse avec les images verbales ne se fait plus; l’idée a perdu son substitut, le mot.

5° Examen ophtalmoscopique.

Nous ne pouvons entrer ici dans le détail du diagnostic opbtalmoscopique, que doit savoir faire tout neurologiste. Nous indiquerons seulement les deux choses que tout praticien doit connaître : l’atrophie de la papille et la papille étranglée (voy. plus loin).

(I ) Voy. les différentes observations réunies par Nodet, thèse Lyon,

(2) Lire l’observation de Lissauer in Nodet, toc. citato.

SÉMÉIOLOGIE DE L’AUDITION

6° Trophicité de l’œil.

a) L’œil peut subir des modifications trophiques aiguës, pouvant aboutir à la fente purulente (zona ophtalmique).

b) Il peut subir des modifications lentes, se traduisant par une diminution de tension, puis une véritable atrophie (ophlalmomalacie).

2o ORGANE DE L’AUDITION

1° Exploration des sensations auditives.

1 0 Examen de Vacuité auditive par conduction aérienne. — Tous les procédés se réduisent à deux méthodes générales : faire entendre un bruit variable à une distance invariable, ou bien faire entendre un bruit invariable à une distance variable. On emploie le premier procédé lorsqu’on fait entendre à une distance invariable le bruit décroissant d un diapason; on emploie le second lorsqu’on fait entendre, à une distance de plus en plus grande, le bruit d’une montre (1). L acuité auditive est d’autant plus grande que la montre est entendue plus loin.

(1) Dans le but de produire un bruit d’une intensité donnée, qui serve en quoique sorte d'unité auditive, on a inventé un grand nombre dacoumètres (V. Bonnier, L’Oreille, l. IV, p 23) Aucun d eux n'a vu son usage se généraliser. 11 serait sans doute précieux te posséder cette unité auditive, qui, en permettant une mesure exacte, rendrait les observations comparables entre elles. Mais en attendant que sur cotte unité l’accord se soit l'ait entre les physiciens les physiologistes et les cliniciens, nous croyons que la montre et le diapason peuvent remplacer tous les acoumètres actuellement existants. Le médecin se servant toujours de la même montre a un e ement suffisant pour comparer les différentes auditions entre elles et avec la sienne propre.

Nous verrons aussi qu'avec le diapason, on comparant l’audition

11 ,na'fdea la filf:nnc propre, il peut juger do l’acuité auditive avec une précision suffisante.

A l’aide du diapason, l’observateur peut comparer l’audi- I ion du malade à la sienne propre, soit (Bonnier) en plaçant le pied du diapason sur le milieu d’un tube qui réunit son oreille à celle du malade, soit plus simplement en reportant vivement le diapason devant sa propre oreille, lorsque le malade a cessé d’entendre. Le nombre de secondes qui s’écoulent entre la fin de l’audition chez le malade et chez l’observateur exprime la différence des acuités auditives.

2° Conduction solidienne. — Si l’on place le pied d’un diapason vibrant sur le front, le menton, l’occiput, la mastoïde, ou entre les dents, les vibrations auditives sont conduites à l’oreille interne par les parties osseuses. C’est la conduction solidienne.

En plaçant le diapason sur le front du malade, puis au moment où celui-ci cesse d’entendre en le reportant rapidement sur son propre front; mieux encore en plaçant le pied du diapason sur le milieu d’une règle rigide dont les deux extrémités s’appuient sur le front de l’examinateur et celui de l’examiné, on pourra juger de l’acuité auditive par conduction solidienne.

A l’état normal, la durée de l’audition n’est pas la même dans ces diverses expériences : le diapason qui cesse d’être entendu sur le front, est encore entendu quelques secondes sur l’apophyse mastoïde ; lorsqu’il cesse d’être entendu sur celle-ci, il peut encore être entendu lorsque le pied est saisi entre les dents. Enfin (expérience de Rinne), le diapason qui cesse d’être entendu par conduction solidienne peut encore l’être lorsque les branches sont placées devant le conduit auditif (conduction aérienne).

A l’état normal, lorsque le pied du diapason est placé suile front, le son n’est localisé dans aucune des deux oreilles. A l’état pathologique, il n’en est pas toujours de même (expérience de Weber) (voir plus loin, diagnostic des lésions de la vin1' p.).

3° Champ auditif : localisation des sensations auditives.

SÉMÉIOLOGIE DE L’AUDITION

Nuus localisons le point de départ des bruits qui nous entourent soit avec les deux oreilles (audition sléréacousique), soit avec une seule.

Le sujet ayant les yeux bandés, d’abord avec ses deux oreilles ouvertes, puis avec l’une d’elles fermée, il sera utile de lui faire reconnaître d’où viennent différents bruits. Si jusqu’ici nous ne connaissons presque rien de précis sur les résultats de cet examen, c’est qu’il n’est presque jamais pratiqué.

4° Etendue de l’audition.

Il faudra rechercher la limite pour les sons graves avec une série de diapasons, la limite pour les sons aigus avec le sifflet de Gai ton.

Il serait utile aussi de l’echercher si dans l’échelle des sons du plus grave au plus aigu qu’est susceptible d’entendre le malade, il n'existe pas des lacunes, des scotomes de l’audition.

5° Justesse de l’oreille.

L’oreille est juste lorsque le malade reconnaît la tonalité d’un son et est susceptible de la reproduire.

6° Processus supérieur de l’audition.

Jusqu’ici nous n’avons examiné que les sensations auditives élémentaires à l’aide du diapason ou de la montre. Il faudra ensuite examiner des sensations plus complexes, dans lesquelles intervient un élément cérébral, soit synthèse de plusieurs sensations, soit éveil d’images. On se posera les questions suivantes :

L’acuité auditive est-elle moindre pour la parole que poulies bruits simples (1)?

Le malade reconnaît-il, les yeux fermés, la voix des personnes auxquelles il est habitué?

(1) Dans l’audition do la parolo, indépendamment do l'éveil des images qui détermine la reconnaissance et la compréhension intervient l’audition du timbre et des harmoniques.

•I. Roux. — Maladies nerveuses

Reconnaît-il des bruits connus, sons d’une cloche, etc.

Comprend-il le langage parlé?

7° Interrogatoire du malade.

1° Quels sont les troubles subjectifs qu’il a observés? diminution de l’ouïe, bourdonnements, sifflements, hallucinations.

2° Quelle est l’histoire de ces troubles? mode de début, variations.

3° Comment actuellement ces troubles se comportent-ils? sous diverses influences ? matin ou le soir — avant ou après le repas — debout ou couché — dans le silence ou au milieu du bruit — bâillement, mastication, etc...

2° Classification des symptômes

1 0 Surdilé, commence à une simple diminution de l’acuité auditive.

Ne pas la confondre avec la surdité verbale (voir plus loin) avec la démence, l’inattention, etc.

2° Hyperacousie. Elle peut être vraie lorsque véritablement les malades entendent même des bruits imperceptibles pour d’autres. Il ne faut pas la confondrè avec l’irritation auditive, lorsque les moindres bruits sont pénibles et provoquent des réflexes.

3o Paracousie lorsque les sensations auditives sont perverties.

On donne le nom de paracousie de Willis à la faculté qu’ont certains malades de mieux entendre au milieu du bruit que dans le silence.

On appelle êchoacousie la répétition, le rappel d’un son unique, qui est entendu deux fois de suite. Elle est facile à distinguer de la diplacousie échotique dans laquelle le bruit entendu par une oreille retarde sur celui entendu par l’autre. La diplacousie disparaît alors en bouchant une oreille. Il en

SEMEIOLOGIE DE L’AUDITION

est de même de la diplcicousie dysharmonique, dans laquelle un bruit unique donne la sensation de deux bruits, non parce qu’une des sensations retarde, niais parce que sa tonalité est abaissée par suite d’une lésion unilatérale.

11 existerait aussi des cas de diplacousie mono-auriculaire dont la pathogénie est encore mal connue (1).

4° Bruits subjectifs et hallucinations. — Les bruits subjectifs sont excessivement variés : bourdonnements, sifflements, explosion, etc...

Ils deviennent les illusions auditives lorsque le malade est tenté de leur attribuer une origine extérieure, objective. Rien ne les sépare alors des hallucinations à l’objecticité desquelles le malade croit ordinairement, invinciblement (2). Les hallucinations peuvent avoir pour cause une lésion de la VIIIe paire.

5° Défaut de reconnaissance. Asymbolie auditive. — La reconnaissance des bruits, des sons, de la parole, suppose : 1° qu’un certain nombre de sensations auditives sont synthétisées dans l’écorce ; 2° quelles y éveillent des images antérieures.

L asymbolie auditive peut être produite par un double mécanisme.

I n certain nombre des sensations élémentaires, destinées à être synthétisées, n’arrivent pas à l’écorce. Ainsi dans certains cas de lésions périphériques les malades ayant une acuité presque normale à la montre et au diapason, ne comprennent que la parole à voix haute. C’est que dans l’audition de la parole interviennent des harmoniques qui peuvent être supprimées La synthèse est troublée par défaut de certaines sensations.

- foutes les sensations élémentaires parviennent bien

U) Voy. Letiévant, Annales des maladies de l'oreille, du larynx,

t pas confondre les hallucinations auditives avec les verbales psycho-motrices

(2) Il ne fai hallucinations

ù l'écorce. Celle-ci lésée ne peut, pas les synthétiser, ni éveiller les images correspondantes.

3o — GUSTATION

1° Examen des sensations gustatives. — Le goût est une fonction complexe dans laquelle entrent en jeu : l°des sensations gustatives proprement dites : le doux, l 'amer, le salé, Y acide;

2° Des sensations générales, tactiles, douloureuses, thermiques, sens du lieu, comme dans les divers points du tégument cutané ;

3° Des sensations olfactives.

Dans l’exploration des sensations gustatives proprement dites, il faudra donc se servir de substances n’exerçant aucune action sur la sensibilité générale ou sur l’odorat. Celles qui nous paraissent les meilleures sont : le sucre, le sulfate de quinine, le chlorure de sodium, l’acide phosphorique.

Pour les employer il faut se servir soit de pointes en forme de crayons (Zwaardemaker), soit mieux de solution titrée, que l’on dépose sur la langue avec un compte-gouttes, ou bien avec un morceau de moelle de sureau (Zwaardemaker).

2° Symptômes. — 1° Agueusie : soit totale, soit partielle, et dans ce cas fixer la région insensible : moitié de la pointe (corde du tympan) ou moitié de la base (glosso-pharyngien).

La diminution de la sensibilité générale ou bien l’abolition des sensations olfactives peuvent avoir pour conséquence une agueusie apparente.

2° Hypergueusie ; rare, a été observée dans l’hystérie. Il ne faut pas la confondre avec l’hyperesthésie tact ile.

3° Altération des sensations gustatives. — Paragueusie Est assez fréquente : a) dans les maladies du tube digestif, du foie, de la bouche ; b) chez les hystériques, perversion du goût, pica, malacia ; c) chez les aliénés, illusions, hallucinations.

SÉMÉIOLOGIE DE L’OLFACTION

1 il

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