I. — La marche normale
La marche est un phénomène très complexe dans lequel interviennent des éléments multiples. Pour simplifier nous étudierons successivement comment se maintient l'équilibre, et de quelle façon se fait la progression.
A. Equilibre pendant la marche. — La marche comme la station debout est la résultante d’un conllit perpétuel entre le tonus et la contraction musculaire d’une part, la pesanteur de l’autre. Le mécanisme est le môme dans les deux cas (V. p. 150), mais dansla marche le jeu en est plus
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complexe, car d’une part tout mouvement déplace le sens de gravité du corps, et d’autre part la hase de sustentation change à chaque instant ; il y a lieu et pour les mômes raisons de distinguer l’équilibre total du corps, et l’équilibre partiel de chacune de ses parties. Ils peuvent être troublés ensemble ou séparément.
B. Progression pendant la marche. — Elle se fait à l’aide du pas, chaque membre se portant tour à tour en avant, pendant que l'autre sert de point d’appui.
Prenons la marche au moment où le membre gauche par exemple servant d’appui, le membre droit va osciller, pour se porter en avant, et servira son tour d’appui. Le talon quitte le sol, la pointe conservant son appui, le pied s’étend sur la jambe, la jambe sur la cuisse, celle-ci sur le bassin (contraction des extenseurs du membre inférieur), tout le corps est poussé en avant, la ligne de gravité, d’abord en arrière de la base de sustentation du pied gauche, passe sur celle-ci, puis en avant (phase de propulsion).
La pointe du pied quitte le sol à son tour : contraction des fléchisseurs de la cuisse (psoas-iliaque et tenseur du fascia lata) de la jambe (muscles de la région postérieure de la cuisse) et du pied(jambier antérieur, fléchisseur commun). La cuisse se fléchit davantage, la jambe reste fléchie par son propre poids, la pointe du pied est maintenue relevée.
Tout le membre se porte en avant, en même temps que le corps est aussi entraîné en avant par la pesanteur. Enfin le pied droit se pose en avant du gauche (phase d’oscillation).
En somme la progression en avant, dans un premier temps, est le résultat de la contraction des extenseurs : l’extension du pied sur la jambe, de la jambe sur la cuisse et de celle-ci sur le bassin, pousse en avant le centre de gravité pendant la phase de double appui. Pendant la phase de simple appui, le centre de gravité continue sa progression en avant, d'abord par sa vitesse acquise, puis lorsque la ligne de gravité a dépassé la base de sustentation, sous l’in-
LA MARCHE
fluence de la pesanteur. Celle-ci finirait par entraîner la chute en avant, si l'autre membre ayant terminé son oscillation, ne venait se posera terre pour recevoir le poids du corps, et servir à son tour d’appui.
Tant que le membre inférieur gauche n’a pas quitté le sol l’appui est double, et à ce moment la ligne de gravité du corps passe en arrière du pied droit. Le pied gauche ne quitte le sol que lorsque celte ligne de gravité a atteint ou légèrement dépassé le pied droit. Pendant l’oscillation du membre gauche, le droit supporte le poids du corps. En terrain plat le genou est alors en extension ; en terrain montant, il est en flexion, et doit s’étendre pour élever tout le corps.
Pendant ces divers mouvements, le membre postérieur est maintenu en position, la pointe du pied légèrement en dehors, par la contraction ou le tonus de ses différents muscles. D’autre part le Ironcexécute des mouvements correspondants soit pour aider à la progression, soit pour maintenir l’équilibre. Enfin au moins dans la marche rapide les membres supérieurs oscillent rythmiquement. Il n’est donc presque pas un muscle qui ne puisse être mis en jeu pendant la marche.
IL — Exploration de la marche.
A. Epreuves à faire subir.
1° Faire exécuter quelques pas.
2° Faire suivre une ligne droite tracée sur le plancher (équilibre, coordination, mouvements involontaires).
3 taire executer au commandement, un changement de direction, un demi-tour en marchant (équilibre, coordination).
4° Marcher en terrain montant ou descendant. Monter ou descendre un escalier.
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5° Marcher les yeux fermés; en portant un fardeau ; un verre plein d’eau (équilibre pendant la marche).
6‘ Marcher à cloche-pied. Marcher à quatre pattes. Saut. Danse.
7° Inscrire les troubles de la marche. Trois méthodes ont été employées : les ampoules élastiques actionnant des leviers (Marey) ; la chronophotographie (Marey) (1 ); la méthode des empreintes plantaires (Gilles de la Tourelte). Cette dernière seule est clinique :
Une longue bande de papier portant une ligne droite en son milieu, est étendue sur le plancher. On enduit la plante des pieds du malade avec du noir de fumée, ou du sesquioxyde de fer, et on lui prescrit de marcher sur la feuille de papier, en suivant la ligne droite. Chaque appui du pied laisse une empreinte, et sur le tracé général on peut lire : 1° les modifications de la forme du pied et de ses appuis normaux , 2° la façon dont se pose le pied, et s’il reste immobile une fois posé ; 3° la façon dont la ligne droite est suivie ; 4° la longueur du pas ; 5° l'écartement de chacun des pieds.