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II. — Troubles de la progression

Avec Blocq, on peut établir deux grandes divisions suivant que les troubles sont unilatéraux ou bilatéraux.

A. — Troubles unilatéraux de la marche

Ils peuvent être dus soit à une lésion du squelette, soit à un trouble de l’appareil locomoteur. Nous ne nous occuperons pas des premiers, faciles à découvrir et à diagnostiquer, sans le secours de la marche.

a) Type paralytique :

1° Paralysie localisée à quelques muscles. Nous avons déjà décrit les troubles de la marche correspondante ;

2° Impotence de tout le membre. Si le membre inférieur est complètement paralysé, il pend absolument inerte, la marche n’est possible qu’avec des béquilles. Le membie inférieur se comporte alors absolument comme un appendice

(I) Rappelons que la luxation congénitale double de la hancho donne une attitude et une démarche très comparable à celle piQduitc par la paralysie dos fléchisseurs de la colonne,

LA MARCHE

inerleet gênant. Le pied traîne sur le sol et laisse une trace continue sur les tracés obtenus par le procédé de Gilles de la Tourette (marche helcopode, eLcw, je traîne). Cette monoplégie, absolument complète et flasque, n’est guère réalisée que par l’hystérie.

Lorsque le membre inférieur est paralysé à ce degré par une lésion organique, le membre inférieur de l’autre côté est toujours pris à quelque degré. La marche n’est pas possible même avec des béquilles.

Lorsque le membre inférieur n'est pas totalement paralysé, il peut servir encore à quelque chose. Le malade le traîne bien presque inerte après lui, dans son oscillation, le pied traîne par terre et ne peut dépasser l’autre pied; mais il peut encore servir d’appui pendant que l’autre membre oscille avant son tour. Suivant le degré de l'impotence, la marche est possible avec ou sans béquille. Quelquefois elle se traduit par une simple boiterie.

Dans ces di vers cas, tous les temps de la marche s’accomplissent du côté paralysé aussi mal les uns que les autres.

b) Type spasmodique (1).

Lorsque la contracture est localisée à un ou plusieurs muscles, elle produit une attitude pathologique facile à diagnostiquer d’après les notions de physiologie musculaire exposées plus haut.

Dans la contracture plus ou moins généralisée, qui survient chez les hémiplégiques, le membre raidi en extension

(1) Nous avons observé un trouble de la marche curieux et do diagnostic difficile : la malade n’avait ni paralysie ni contracture. Voulait-elle marcher ; dès que le pied droit se soulevait du sol pour se porter en avant des spasmes multiples se produisaient immobilisant le membre inférieur dans la position suivante : gros orteil étendu, pied en varus équin, jambe et cuisse demi-fléchios.

11 s’agissait nettement d’un spasme fonctionnel absolument analogue à la crampe des écrivains, se produisant à- l’occasion des mouvements de la marche comme la crampe dos écrivains se produit ii l’occasion des mouvomonts do l’écriture.

FONCTIONS DE RELATION

peut servir de point d’appui, mais il ne peut se fléchir pour osciller d’arrière en avant. Pour empêcher que le pied ne heurte le sol, le malade est obligé d’user d’un artifice : ne pouvant fléchir les divers segments du membre inférieur, il lui fait exécuter un mouvement de circumduction à l’aide duquel le pied décrivant un arc de cercle (d’où le nom de marche lielicopode) évite de traîner par terre. Ce mouvement se passe en grande partie au niveau du bassin et de la colonne lombaire.

c) Type douloureux. Lorsqu’un mouvement doit déterminer de la douleur, le malade l’évite instinctivement : d’où des troubles aussi variés que l’est lui-même le siège de la douleur. C’est tantôt une plaie cutanée du pied (soldats en marche), tantôt une affection articulaire ou osseuse, tantôt une névralgie ou névrite, etc., etc.

B. Troubles bilatéraux de la marche

1° Type paralytique.

Nous ne reviendrons pas sur les troubles résultant de paralysie localisée.

Lorsqu’il y a paraplégie complète des membres inférieurs, la marche est totalement impossible.

Lorsque la paraplégie est incomplète la marche est possible avec ou sans béquilles : les pas sont courts, les pieds écartés traînent sur le sol, la progression met en jeu des mouvements auxiliaires du bassin et de la colonne lombaire, l’équilibre est incertain.

2° Type spasmodique.

Est réalisé à son plus haut degré par la maladie de Little et les diplégies de l’enfance. Les cuisses légèrement fléchies et serrées l’une contre l'autre sont il peu près immobiles ; les jambes à demi fléchies ; les pieds en varus équins sont presque immobiles aussi. Pour progresser, le malade s’aidant

LA MARCHE

de mouvements du bassin et de la colonne lombaire, projette péniblement un pied devant l’autre, les pointes des pieds s'embarrassent l’une contre l’autre, et traînent parterre, les genoux frottent l’un contre l’autre, le corps est quelquefois poussé en avant, le malade court après son centre de gravité.

A un degré moindre : le pas est raccourci les pieds frottent légèrement contre le sol, 'en faisant un bruit appréciable.

3° Type tabétique. Incoordination des mouvements de la marche.

Le pied est projeté avec force en avant et quelquefois un peu par côté, il est ramené avec violence sur le sol qu’il frappe du talon. L équilibre est troublé secondairement.

4’ Marche troublée par V intervention de mouvements involontaires .

La marche est alors très variable mais il est facile de découvrir la cause du trouble (voir plus haut).

5° Démarche Parkinsonnienne .

Attitude voûtée, corps et tête penchée en avant ; au commandement le malade reste un instant immobile (difficulté de la mise en train) puis tout d’un coup il part, tout d’une pièce, faisant des petits pas précipités, paraissant entraîné en avant malgré lui, courant après son centre de gravité.

6° Marche dans la maladie de Tliomsen.

Au commandement le malade ébauche un commencemen t de mouvement, il va marcher; puis tout d’un coup il est comme immobilisé par la contracture de tous ses muscles, il reste ainsi quelques secondes puis le mouvement ébauché s’achève et continue mormalement. Mais veut-il accélérer son allure, faire un demi-tour, changer simplement de direction, le même spasme l’immobilise encore quelques secondes.

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