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DIAGNOSTIC DU SYMPTOME

3° L'asthénie est différente de la parésie. Elle consiste essentiellement dans ce fait que la contractilité volontaire s'épuise très rapidement. Lorsqu’on fait exécuter plusieurs contractions successives, la force de chacune d’elles décroît rapidement.

4° Les aboulies motrices sont également distinctes. Certain; malades ne peuvent pas exécuter certains mouvements parce qu'ils ne peuvent pas vouloir ces mouvements. 11 s’agit alors non pas d’une maladie du système moteur, mais d’une affection psychique, d’une maladie de la volonté. Qu’on arrive par un artifice à les faire vouloir , leurs muscles obéissent parfaitement.

2° Quel est le degré de la paralysie?

Pour faire ce diagnostic avec précision, il faudrait pouvoir mesurer exactement l 'effort et le travail dont est capable le muscle à examiner. Cliniquement, cela est impossible pour chaque muscle; on ne peut le faire que pour certains mouvements. Parmi les divers instruments employés pour cela, nous ne citerons que le dynamomètre et l’ ergograplie.

Le dynamomètre mesure Y effort maximum d’une contraction. L 'ergograplie mesure le travail fourni par une série de contractions jusqu’à épuisement du muscle.

Le dynamomètre employé en clinique est celui de Mathieu. Il ne peut guère servir qu’à mesurer la force de contraction des fléchisseurs des doigts. On l’utilise soit pour comparer un côté du corps à l’autre, soit poursuivre l'évolution d’une paralysie.

De tous les ergographes, celui de Mosso est le plus employé; le principe en est celui-ci : faire exécuter à un seul muscle (les faisceaux musculaires fléchisseurs du médius) une série de contractions, dont chacune répond à un travail

donné (poids connu soulevé à une certaine hauteur =p x h). Les conl raclions, continuées jusqu’à épuisement total du muscle, sont enregistrées et donnent un tracé ergographique, sur lequel il est facile de lire le mode et la quanlilé de travail fourni (1).

3° Quels sont les muscles paralysés?

C’est là le point le plus important, c’est par lui que nous commencerons à nous élever de la constatation du symptôme, à l’interprétation de sa cause. Il faut pour cela interroger successivement chaque muscle, à l’aide des Lois signes que nous avons indiqués plus haut : modification des attitudes, exécution des mouvements volontaires, sensation de durcissement du muscle.

Il faut donc tout cl’abord connaître non seulement l’anatomie de chaque muscle, mais encore sa physiologie, pour l’étude détaillée de laquelle nous renvoyons à l’immortel ouvrage de Duchenne de Boulogne (2).

Nous supposerons ces notions connues et nous montrerons simplement comment il faut les utiliser en clinique.

(1) Nous n’insistons pas sur ces instruments, car ils sont encore trop compliqués pour devenir d'un usage clinique courant. On lira une description de l’ergographe de Mosso dans l 'Année psychologique, t. I, p. 4SI. On consultera aussi une très intéressante élude de Binet et Vaschido dans Y Année psychologique, t. IV, p. 233.

Sans ergo graphe, avec un simple dynamomètre, on peut établir jusqu’à un certain point une courbe de fatigue, en utilisant le procédé indiqué par Binet et Vaschido (Année psych . , t. IV, p. 15). Faire exécuter au sujet cinq efforts successifs de pression dynamo- Tnétriquo: noter chaque fois le chiffre obtenu, et avec ces cinq chiffres construire une courbe.

(2) Duchenne de Boulogne, Electrisation localisée.

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