‹ Diagnostic et traitement des maladies nerveusesChapitre 83 sur 322 · C. — Les actes · texte numérisé non relu

C. — Les actes

L’agitation, l’incohérence des actes, les violences feront porter le diagnostic d' excitation maniaque .

Dans la. confusion mentale il peut aussi y avoir une excitation intense, de l'incohérence des actes, des violences, mais alors les liai luciuations sont évidentes, il y a délire diffus; souvent le malade est dans un état de rêve d’où on peut quelquefois le tirer par des excitations, des raisonnements, en le réveillant en quelque sorte.

On peut assister quelquefois à des tentatives de suicide.

Les actes enfin peuvent se rapporter à une idée délirante systématisée, sur la voie de laquelle ils mettent le médecin.

L’inspection générale du malade, l’examen de son altitude, de l’expression du visage, des vêlements, des actes,

•F. Roux. — Maladies nerveuses 11.

FONCTIONS DF RELATION

des paroles, etc. . . donnent toujours des renseignements j> téci e u x . Avant tout interrogatoire, avant tout examen, il peut quelquefois suffire à faire porter son diagnostic.

D. Les paroles

1° Un flux anormal de paroles, paraissant sans suite ; des cris, des injures, des menaces... viendront confirmer le diagnostic d excitation maniaque soupçonnée d’après les examens précédents.

Dans la confusion mentale il y a aussi souvent un flux anormal de paroles... Mais tandis que dans la manie, l’incohérence n’est qu’apparente, est due à la succession trop rapide des idées, allant plus vite que les paroles, d’où des omissions, des ellipses (1)... ; dans la confusion mentale, l’incohérence est réelle, il y a un véritable délire.

2° La répétition continuelle des mots avec une intonation théâtrale grandiloquente contrastant avec la pauvreté des idées exprimées, s’accompagnant de grands gestes stéréotypés— verbigération de la catatonie.

3° La voix est basse, chuchotée dans la mélancolie, par dépression ; dans le délire des persécutions, par défiance ; dans le délire d’énormité, par peur d’ébranler les maisons.

4° Le mutisme est plus difficile à interpréter.

Il peut tenir à la dépression extrême, à la souffrance morale intense, rendant extrêmement pénible la parole = mélancolie.

11 peut être le résultat d’une indigence complète de pen-

(1) Ce n’est d'ailleurs que l'exagération d'un processus normalque Loti a caractérisé par une jolie image, lorsqu’il parle des lettres « sans queue, ni tête, ni rime, ni raison ». Une de ces lettres où l’imagination galope, suivie par la plume, qui, elle, ne fait que trotter, et encore en butant comme une vieille rossinante do louage. » 'Loti, Aziyadé , p. 27).

TROUBLES PSYCHIQUES

sées, d’une absence totale de cérébral ion = confusion mentale avec stupidité.

Le malade peut être un aboulique impuissant à vouloir parler.

Il peut se taire volontairement par défiance = persécuté.

Il peut se taire parce qu’une voix, uns hallucination lui défend de parler.

Il peut se taire parce qu’il se croit indigne de communiquer avec ses semblables = mélancolie.

Il peut se taire parce qu’il est persuadé ne plus posséder les organes de la parole = délire des négations.

Enfin malgré ses efforts, malgré l’intégrité de sa pensée, il peut être impuissant à exprimer celle-ci, parce que le mécanisme de la parole est faussé = mutisme hystérique.

o° Enfin par leur sens, par les idées exprimées, les paroles mettent sur la voie des idées délirantes, que l’interrogatoire aura ensuite à préciser (1).

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