‹ Diagnostic et traitement des maladies nerveusesChapitre 92 sur 322 · C. Diagnostic · texte numérisé non relu

C. Diagnostic

Le réflexe rotulien peut être confondu avec un autre mouvement qui est aussi un réflexe, mais un réflexe cérébral.

Chez certains malades la percussion au point que nous avons indiqué produit un mouvement étendu de la jambe, et on pourrait croireà une exagération du réflexe rotulien. Cependant on observe déjà que la contraction ne se localise pas au triceps, mais se produit dans d’autres muscles et quelquefois presque tout le membre inférieur : il en résulte . déjà un aspect anormal du réflexe. Si alors au lieu de frapper exactement sur le tendon on frappe à côté, on voit que le prétendu réflexe se produit souvent encore: on peut alors affirmer qu’il ne s’agit pas du vrai réflexe rotulien. Ce pseudo réflexe rotulien ressemble absolument au mouvement que ferait un malade qui voudrait simuler une exagération du réflexe rotulien. Il s’agit le plus souvent d’hystériques.

D. Signification diagnostique

Le réflexe rolulien ayant en séméiologie nerveuse une importance très grande nous devons nous étendre un peu sur quelques notions de physiologie pathologique, sans

LES REFLEXES

lesquelles on ne peut comprendre sa signification diagnostique.

Dans la recherche du réflexe rotulien la percussion avec le marteau excite les terminaisons nerveuses du lendon (corpuscules de Tschiriew, Golgi, etc.). L’excitalion centripète suit les flhres du nerf crural, pénètre dans la moelle, par les 2e et 4e racines lombaires (Gowers). Dans la moelle elle passe dans les cordons postérieurs au niveau des bandelettes externes (1); puis gagne le centre du muscle quadriceps.

Tel est l’arc diastaltique du réflexe rotulien : si le réflexe est modifié c’est qu’il existe soit une lésion, soit un trouble fonctionnel de l’arc diastaltique.

I. — Lésion organique siégeant sur le trajet de l’arc réflexe

A. Diminuant son excitabilité et par conséquent diminuant ou abolissant le réflexe. Cette lésion peut siéger en n importe quel point : sur le muscle lui-même (myopathie), sur les plaques motrices (action du curare), sur les nerfs moteurs, les plexus, les racines antérieures; sur le trajet intra-médullaire de 1 arc réflexe (poliomyélite, lésions diffuses, en foyer, etc.) ; sur les racines postérieures, sur le nerf crural, dans le tendon lui-même.

, ?, aP.'1s WeslPhal (Arch. f. Psynh. XVII, p. 547) « la zone

.te intégrité de laquelle dépend la conservation du réflexe rotulien est délimitée de la façon suivante :

En dedans, elle est limitée par une ligne fictive, qui serait parallèle au sillon postérieur et partirait du point au niveau duquel la substance gélatineuse qui revêt la corne postérieure forme un coude un angle a sommet dirigé en dedans.

La limite postérieure est formée par la périphérie de la moelle

Cn dehors la limite est formée par la partie interne de la corne postérieure recouverte de substance gélatineuse et l’entrée des ra cine., postérieures dans la pointe de la corne postérieure et dans la substance gélatineuse (cité d’après Ganault, th. de Paris, 1898).

Suivant que la conductibilité est abolie ou diminuée, le réflexe est lui-même aboli ou diminué.

B. A ugmentant l'excitabilité et par conséquent produisant une exagération du réflexe. Ce cas est beaucoup plus rare que le précédent.

Presque toutes les lésions organiques diminuent l’excilabilité. Cependant les névrites alcooliques (surtout absinthiques) produisent souvent de l’exagération du réflexe rolulien.

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