V. — Réflexe du tendon d’Achille
Le malade est placé à genoux sur son lit, les deux pieds en dehors du matelas; le tendon d’Achille est découvert, et on le percute de la même façon que le tendon rotulien. On peut encore faire coucher le malade à plat ventre et relever verticalement la jambe, en flexion à angle droit sur la cuisse. Cette percussion détermine une contraction réflexe du triceps sural et un mouvement d’extension du pied. Forestier Fa trouvé modifié dans vingt cas de sciatique sur quarante. 11 indiquerait une certaine gravité.
VI — Réflexe cutané plantaire.
Si avec la pointe mousse d’un crayon, l’extrémité du doigt ou la tète d’une épingle on frotte doucement la plante du pied d’un sujet normal: 1° Le malade accuse une sensation spéciale de chatouillement , quelquefois intolérable; 2° on observe une réaction motrice très complexe, mais qui peut se schématiser ainsi : a) les orteils se fléchissent sur la plante ; b) le pied se fléchit sur la jambe ; c) on observe
LES RÉFLEXES
des contractions dans les autres muscles du membre inférieur, mais un peu variables suivant les sujets ; chez la plupart le tenseur du facia lata se contracte, quelquefois isolément (réflexe du tenseur du facia lata de Babinski); le plus souventil s’yjoint soit une contraction des adducteurs, soit un retrait du membre, par flexion de la jambe sur la cuisse, et de celle-ci sur le bassin; quelquefois enfin tous les muscles du membre inférieur se contractent. 11 peut même y avoir une réaction motrice généralisée à tout le corps en même temps que soit un arrêt de la respiration, soit un rire spasmodique.
Le réflexe cutané plantaire peut présenter de multiples modifications suivant que un ou plusieurs de ses éléments sont modifiés. 11 est aboli complètement Iorsqu’aucun de ses éléments ne subsiste ; diminué lorsqu’il faut une excitation plus forte, augmenté lorsqu’une excitation très faible suffit pour l’obtenir. La sensation peut disparaître ou subsister seule. Un des éléments moteurs peut disparaître ou être inverti.
Babinski a insisté sur la modification suivante : il se produit bien un retrait du membre, et une flexion du pied, mais au lieu de se fléchir , les orteils s’étendent. C’est ce qu il a appelé le phénomène des orteils. « Ce trouble paraît être sous la dépendance d’une perturbation dans le fonctionnement du système pyramidal, qu’il s’agisse d'une alfection cérébrale ou d’une affection spinale (1). »
(I) On a discuté beaucoup sur la valeur du réflexe cutané plantaire. Babinski on avait fait d'abord un bon signe pour le diagnostic différentiel entre l’hémiplégie organique etl’hémiplégie inorganique ; il admet maintenant qu’il peut exister avec un simple trouble fonctionnel du FPy. 11 dit toutefois no l'avoir jamais rencontré dans l’hystérie. Gilles do la Tourette (Soc. rieur, lcjanv. 1 900) l’a trouvé chez une jeune fille hystérique. Babinski l’a observé dans la crise d'épilepsie. M. V. Giudiuandra (Soc. Lancisienne des hôpitaux de Home. 1er juillet 1899) l'a trouvé dans certains cas d'hystérie; no 1 a pas rencontré flans plusieurs cas où il y avait manifestement des lésions de b’I’y. Giovanni Bocri [Hi forma medica, 1899, vol. 11,
J. Roux. — Maladies nerveuses. 13
218 TROUBLES DES FONCTIONS DË LA VlË ORGANIQUE
, L’abolition complète du réflexe plantaire coïncidant avec l’exagération des réflexes rot u liens est un bon signe d’hystérie (Teissier).
On n’est pas fixé encore sur le trajet de l'arc réflexe, dans l’excitation cutanée plantaire. D’abord pour la portion centripète, passe-t-elle par le nerf sciatique poplité interne et les 2e et 3e racines sacrées (Brissaud) ; ou bien (Ganault) suit-elle le nerf saphène interne et les 4° et 3 e racines lombaires? De la va-t-elle directement aux noyaux des divers muscles qui se contractent ? Est-ce un réflexe médullaire ? Ou bien (Jendrassik) ne faut-il pas rechercher plus haut dans les centres supérieurs le centre de réflexion ?
VU. — Réflexe crémastèrien.— Ré/lexe bulbo-caverneux.
Lorsque avec le doigt ou l’ongle on excite la partie supérieure de la face interne de la cuisse on voit le testicule du même côté être porté brusquement en haut par une con-
nos 71, 72, 73, p. 843, 855, 867) le considère comme très utile dans les états comateux pour le diagnostic du côté paralysé. 11 l'a trouvé chez 76, 1 p. 0/0 des hémiplégiques; il ne l’a pas vu dans quatre cas de sclérose latérale amyotrophique; d’une façon constante, au contraire, dans la syphilis spinale à forme de paraplégie spasmodique d'Erb.
Schüffer ( Neui'. centr. 15 nov. 1809) avait décrit comme un nouveau signe d'affection organique du cerveau, la flexion dorsale des orteils par pincement du tendon d’Achille. Babinski (Soc. neur., 11 janvier 1900) a montré qu’il s’agissaitdu même phénomène qu’il avait décrit.
James Collier (Brain, 1899) a trouvé le réflexe : lo en extension : a) chez les enfants qui n’ont pas encore appris à marcher, et quelquefois pendant le sommeil, après qu'ils ont appris à marcher jusqu'à l’àge de douze ans ; b) dans presque tous les cas de lésion du FPy; en flexion a) dès que lo contrôle de la volonté commence à s’exercer sur les membres inférieurs ; b) dans les paralysies fonctionnelles ; c) dans les névrites périphériques; il) dans les tumeurs cérébrales ou cérébelleuses lorsque le FPy n’est pas atteint.
LES RÉFLEXES
traction du crémaster (t). Souvent il y a en même temps des contractions de la paroi abdominale.
Si on excite légèrement la surface découverte du gland, l’autre main placée sur le péri née, on sent nettement une contraclion réflexe des b.ilbo-caverneux (réflexe d’OnanolT) (2).