‹ Diagnostic et traitement du cancer de l'estomacChapitre 16 sur 47 · PIE · texte numérisé non relu

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Pour Brinton, la diarrhée semble surtout résulter de lirritation produite par la présence de la matière cancéreuse, du pus ou du sang, entraînés par l'intestin. Quoiqu'il en soit de cette explication, la diarrhée, quand elle se produit, est presque toujours un phénomène tardif; elle arrive avec la cachexie, et y contribue pour sa grande part.

Elle accompagne souvent celle-ci dans les cancers latents, comme on peut le voir dans l'observation suivante :

OBSERVATION XXIX (Résumée).

Carcinome latent du pylore et du foie, par Marmeu, in Bullet. Soc. anat., 1881, p. 57.

Aub... J., 61 ans, entré à Lariboisière le 11 janvier 1881. Malade depuis quatre mois ; à celie époque, diarrhée abondante; membre supérieur droit paralysé depuis trois semaines ; membre inférieur du même côté depuis dix jours; aphasie de la même époque ; du côté droit un certain degré de paralysie faciale, — Le malade est d’une couleur pâle jaunâtre, — aphasie — mort le 18 janvier.

Autopsie. — Le pylore est le siège de deux ulcérations à bords élevés, à fond grisätre et tomenteux, de l'étendue d’une pièce de cinq francs, siégeant l’une en avant, l’autre en arrière. Au même niveau, au pourtour de la tête du pancréas ganglions blanchàtres, durs. Une masse ganglionnaire du volume des deux poings, présentant à la coupe l'aspect d’une tumeur encéphaloïde dure, est située en arrière de la paroi postérieure de la petite courbure de l'estomac. Elle adhère aux tuniques de cet orgace.

Dans le foie, deux tumeurs d'aspect encéphaloïde.

Cerveau : tumeur secondaire à la partie supérieure des circonvolutions pariétale et frontale ascendantes gauches. Pas de lésions de la troisième frontale.

On pourrait en trouver des exemples dans nos autres observations.

Mais, encore une fois, quand il n'y a aucun syptôme gastrique, la diarrhée toute seule ne peut guère nous faire

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songer à un cancer de l'estomac. Et, quand elle accompagne d'autres signes, elle ne pèse que d’un poids bien faible dans la balance.

D'autant plus que la constipation se rencontre assez fréquemment, sans apporter elle-même un élément bien sérieux de diagnostic.

En somme, ces résultats absolument discordants ne peuvent pas être d’un grand secours, aussi passons-nous rapidement.

VII. — fièvre. — La fièvre n'annonce qu'une seule chose, la marche fatale de la maladie, avec ses conséquences, l'inanition et l'épuisement rapide du malade. Elle n'offre dans le cancer de l'estomac, aucun caractère particulier qui mérite de nous occuper.

B. — Signes physiques.

4. — Dilatation. — Il suffit de lire les causes multiples de la dilatation de l’estomac, pour s'apercevoir que le cancer n'y entre que pour une petite part. S'il siège au pylore, et qu'il en rétrécisse l’orifice, il amènera évidemment une dilatation par obstacle mécanique. Mais ce rétrécissement peut aussi être produit par l'ulcère en activité, ou pur l'ulcère guéri, par l'hypertrophie des fibres musculaires (Otto d’Annaberg), par l'induration du tissu cellulaire, que cette induration soit amenée par la gastrite, les corps étrangers, etc., par des enchondromes, des hydatides, des polypes, etc. — S'il n'y a pas d'obstacle mécanique, les causes de la dijatation sont encore très variables, et nous n'y insisterons pas.

Nul est donc 1c secours apporté par la dilatation, — qui, bien au contraire, contribue pour une grande part aux erreurs du diagnostic, ainsi que l’a montré le professeur Bouchard dans son cours de l'année dernière. En effet, cette lésion

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