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très fréquente, réalise des conditions très” favorables à la fabrication et à l'absorption des substances toxiques du tube digestif (1). « Outre l'insuffisance digestive, elle exerce une spoliation sur la matière digérée, qui se trouve reprise avant d'être absorbée pour être livrée à l'action des ferments parasitaires. » Et elle amène ainsi une intoxication chronique de l'organisme, source d'inanitiation et d'accidents absolument analogues à ceux qu'on rencontre dans les cas de cancer.
I. — Tumeur. — On ne peut pas dire de la tumeur ce qu'on dit de l’hématémèse, qu'elle n'existe pas d’une façon constante; elle existe en effet dans tous les cas, mais on ne la rencontre pas toujours. Grâce à sa conformation particulière, l'estomac jouit de la faculté regrettable de posséder des tumeurs et de les cacher à tous les doigts, même les plus expérimentés. — « Il est bien certain, dit Dujardin-Beau-
metz, que, lorsque paraît une tumeur volumineuse, bosselée,
au niveau de l'estomac, avec tous les symptômes connus, on peut affirmer son diagnostic. Malheureusement, ces cas sont rares, et il est bien des cas où l’on ne perçoit rien, malgré l'étendue de la tumeur.
Les difficultés du diagnostic proviennent :
1° De ce que la tumeur n'est pas perçue;
% De ce qu'on peut la confondre avec des tumeurs d'organes VOISINS ;
3 De ce qu'on sent quelquefois une tuméfaction, sans qu'il y ait de tumeur, au sens histologique du mot,
49 —— Plus la tumeur s'éloigne de la paroi antérieure de l'abdomen, plus elle est difficile à percevoir. Aussi lé palper est-il fort épineux, lorsque la tumeur siège vers la petite courbure, au niveau du cardia, et souvent impossible, quand elle occupe la paroi postérieure. Le cancer du pylore luimême ne se sent pas toujours, ce qui tient quelquefois à sa
(1) Gaz. hebdom., 13 mai 1884.
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situation un peu trop profonde sous les dernières fausses côtes, d'autres fois à l'augmentation de volume du foie. La contracture des muscles droits apporte aussi de sérieux obstacles à la palpation.
2% __ Le cancer de l'estomac peut être confondu avec les tumeurs du foie, de l'épiploon, du côlon, du pancréas, des ganglions et des gros vaisseaux arlériels. Bien souvent, dit le professeur Jaccoud, ce diagnostic est insoluble par la palpation seule, et ne peut être élucidé qu'au moyen des autres symptômes.
C'est en effet dans les mêmes régions abdominales, épigastre, hypochondres, etc., que se montrent les tumeurs des organes que nous vonons d'énumérer. Mais l'erreur la plus commune provient évidemment de la confusion avec les tumeurs du foie, qui proéminent et viennent occuper l'épigastre, en descendant quelquefois très bas. D'autant que, outre ces signes locaux impossibles à préciser, les symptômes généraux sont quelquefois les mêmes que ceux du cancer de l'estomac, et ne contribuent pas peu à induire l'esprit en erreur.
S'il y a en même temps cancer du foie et de l'estomac, et qu'il n'y ait pas d’adhérences entre les deux, on pourra arriver à les délimiter, après quelques tàtonnements. Mais, si les deux tumeurs sont adhérentes, et qu’il n'y ait pas de symptômes généraux particuliers aux maladies du foie, le diagnostic sera rendu bien difficile.
Il n'est pas de médecin qui ne se soit trouvé en présence de cas semblables ; aussi croyons-nous inutile d'y insister. Rappelons seulement que, parmi les tumeurs du foie, le kyste hydatique à parois très épaisses, peut parfois induire en erreur, Comme le montre l'observation XXXIII. Cette malade présentait les symptômes généraux du cancer de l'estomac, — diagnostic confirmé par le dosage de l’urée, suivant les théories de Rommelaëre, dont nous parlerons plus loin. Aussi
T0 notre surprise fut grande en trouvant, à la nécropsie, un magnifique kyste hydatique suppuré à parois très épaisses.
3° — Enfin, il peut exister une tumeur sans qu'il y ait tumeur. — Le paradoxe n'existe que dans les mots. — Parmi ces Causes de fuméfaction, nous citerons la simple dyspepsie, la dilatation, le linitis, etc... Et dans ces cas, on voit quelquefois le diagnostic de cancer stomacal se trouver faux, malgré l'existence d’une tumeur dure et bosselée, malgré la cachexie, l'amaigrissement extrême.
En voici quelques exemples. Le premier est emprunté à Leube. Il à ceci de particulièrement intéressant, que le malade faillit être opéré, et qu'au moment où le chirurgien, ayant endormi le patient, allait donner le premier coup de bistouri, on constata la disparition complète de la tumeur. — On ne s’étonnera pas que l'opération en soit restée là.