‹ Diagnostic et traitement du cancer de l'estomacChapitre 19 sur 47 · RÉSUMÉ · texte numérisé non relu

RÉSUMÉ

Un à un, tous les symptômes s'écroulent, laissant l’obscurité se faire de plus en plus autour du diagnostic. Passons-les rapidement en revue : les commémoratifs ne fournissent que des notions très imparfaites, el sur lesquelles il est impossible de compter. :

* Parmi les symptômes fonctionnels; la douleur n'offre aucun caractère fixe; en fait de éroubles digestifs, le cancer n'a que Ceux qu'il emprunte aux autres affections de l'esto-

(1) In Gazette hebd. Au 17 juin 1884,

IN ER mac ; l'anorexieserait un assez bon signe, si elle existait toujours,de par la seule présence de la tumeur; les vomissements noirs se rencontrent partout; la cachexie dépend de la gêne nutritive, et non pas du cancer lui-même; l’état de l'intestin est indifférent.

Quant aux signes physiques : la fumeur est très inconstante: la phlegmaliu à disparu de la série des « certitudes » ; la dilatation, l’ascite, l'’ædème sont muets.

Faut-il conclure de là à l'impossibilité du diagnostic clinique? Evidemment non; et telle n'est pas notre pensée. L'expérience montre en effet qu'il peut se faire quelquefois, et que si chaque signe n’a qu'une valeur isolée très relative, leur groupement fait par un esprit habile, offre de grandes chances de probabilité. — Notre trop courte expérience personnelle nous interdit de donner des conseils à ce sujet, et nous renvoyons pour cela le lecteur à une excellente lecon de M. le professeur Hardy, faite à l'hôpital de la Charité (1), ainsi qu'aux ouvrages de notre savant maître, M. Dujardin- Beaumetz.

Mais cette même expérience prouve, — et c’est là le but des pages qui précèdent, — que les erreurs de diagnostic sont multiples et innombrables, grâce à l'étonnante relativité des symptômes. Sans parler des cancers latents, toutes les affections de l'estomac ont été prises pour le cancer, et cela par les médecins les plus autorisés.

Il y a là, ce nous semble, une leçon pour le présent, et un enseignement pour l'avenir.

En présence d'une lésion grave de l’estomac, le doute doit être la règle. On ne doit yamais affirmer la présence du cancer de l'estomac; cette affirmation pourrait avoir des conséquences funestes, — on l’a vu précédemment. Comme nous le disions plus haut, nous luttons contre la trop grande

(1) Semaine médicale, 1882, p. 45.

RTE confiance en l'hématémèse, la tumeur et la cachexie. C'est le doute, commencement de la sagesse, que nous voudrions inculquer à nos lecteurs ; non pas le doute insouciant, le «que sais-je » indifférent, mais bien le doute armé, celui qui, peu confiant dans les ressources du diagnostic, compte davantage sur les résultats de la thérapeutique. Et en faisant cela, si nous atteignons notre but, nous croirons avoir fait œuvre bonne.

On nous fera peut-être le reproche, — comme à certains politiques, — de vouloir tout démolir, sans rien mettre à la place. Mais hélas ! s’il est possible de faire une Constitution, fût-elle mauvaise, il n’est pas facile de trouver un symptôme, et, plutôt que d’en ajouter un mauvais, 2nter mullos, nous aimons mieux avouer notre Impuissance.

Nous allons maintenant énumérer les études que nous: avons faites, en dehors des moyens cliniques, à la recherche du symptôme pathogonomique désiré.

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