‹ Diagnostic et traitement du cancer de l'estomacChapitre 35 sur 47 · A1} PUR · texte numérisé non relu

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Murchison {On funclional Derangements of the liver, London, 1874), admet comme démontré que le foie a pour fonction de décomposer les matières albuminoïdes pour en former l'urée et l'acide urique ; Opinion qui est partagée par Bouchard, Brouardel (1), Charcot /Progrès Médical, 1876), plus récemment par Schræœder /Archiv. für experim. Patholog. XVI, 5 et 6, 1883).

Pour d'autres, l'urée serait formée par le rein, opinion fortement combattue par Meissner et par Milne-Edwards (2).

Toutefois Rommelaëre conclut dans son livre sur l'origine de l’urée (1880) : l'élaboration de l'urée s'opère dans le rein par les cellules épithéliales des tubes rénaux aux dépens des substances albuminoïdes contenues dans le liquide exsudé des glomérules dans la capsule de Bowman.

Ficher et Ludwig disent que l'urée provient de la décomposition du sang (4rchiv für Physiologische Heilkunde, 1855, p. 314), opinion acceptée par Addison.

Voit place dans les muscles l'origine de l'urée (Sitzungsberichté, n.:8.W. p.371).

Picard (Journal de Anatomie ei de la Physiologie nov. 1882), conclut d'expériences sur le sang que l'urée procède de phénornènes chimiques ayant leur siège dans la plupart des organes, et ne résulte pas de l'activité particulière d'un seul organe.

Enfin, voici les conclusions d’un travail tout récent de Gréhant et Guinquaud: Le sang des veines sus-hépatiques, et celui de la veine porte contiennent toujours plus durée que le sang artériel pris dans l'artère carotide, d'où nous pouvons conclure que les viscères abdominaux sont le siège d'une formation continue d'urée. — II n’y à pas de différence entre le sang qui revient des membres et de la tête, et le

(4) L'urée et le foie, Bruoardel, 1876.

(2) Milne-Edwards, Leçons sur la physiologie et l'anatomie comparée de l’homme et des animaux, t. VII, p. 457.

sang artériel, — Le chyle, dans le canal thoracique, est plus riche en urée que le sang artériel et veineux. — Les diffé-

rences dans le poids d'urée contenue dans les échantillons de sang sont plus grandes chez les animaux en digestion qu'à jeun. (Journal de l'Anatomie, juillet 1884).

« En résumé, dit Beaunis (1), l'urée peut provenir de la désassimilation de toutes les subtances albuminoïdes de l'organisme ; mais, comme l'activité des échanges nutritifs dans les différents lissus est encore peu connue, on ne peut dire quelle part prennent chacun d'eux à la formation de l'urée ; cependant, eu égard à la masse du tissus musculaire et à l’activité nutritive des globules rouges, du foie, de la rate, du cerveau, on peut supposer avec juste raison qu'ils jouent un rôle essentiel dans la production de l'urée. »

Voilà l’état de la question. On peut donc penser que l’urée est formée dans tout l'organisme par la vie cellulaire, mais que sa production est influencée par certains organes.

Quoiqu'il en soit, elle est le résultat de la nutrition, qui se compose de deux actes connexes, l'assimilation et la désassimilation. Quand l'assimilation l'emporte sur la désassimilation, il y a acroisement de l'organisme, évolution nutritive; s'il y a équilibre entre les deux fonctions, il y a simple nutrition sans évolution ; il y a décroissance, quand c'est la désassimilation qui l'emporte, et enfin mort, quand ces deux actes cessent.

L'urée étant le produit de la désassimilation, elle sera influencée par l'assimilation, c’est-à-dire le régime et le mode d'alimentation. C'est ce qui a été constaté par tous les physiologistes.

Ainsi, elle sera d'autant plus abondante que la nourriture sera plus animale: on l'a vu dans ces cas-là s'élever jusqu'à 60 gr. En Angleterre, on cite comme normaux des chiffres

(1) Physiologie, t. II, p, 810.

dés. dà :

de 150 gr. d'urée par 24 heures. Béclard (Physiologie, t. I, p. 617, 1880), a fait sur des chiens des expériences concluantes à ce sujet, par une alimentation alternativement formée de viande et de pain.

D'après North, deCambridge ( The Journal of Physiology, t. I, p. 171, 1880), la quantité d’urée excrétée dépend, à un haut degré, de l'abondance plus ou moins grande des réserves des matériaux azotés. Picard (loc. cif.), a reconnu que la quantité d'urée dans le sang est sous l'influence du régime, et que le sang veineux en contient plus que le sang artériel, à l'exception du sang veineux rénal. — C'est aussi l'opinion de MM. Gréhant et Quinquatd, qui poursuivent toujours leurs belles recherches sur l’urée (1).

C'estenfin l'opinion aujourd’hui classique. Etnous pouvons, en toute assurance, faire cette première conclusion :

1° — L'urée est adéquate au régime ;

2 — Il devient alors facile de répondre à notre seconde

question. — La diminution d’urée est-elle particulière au cancer? — [Interrogation résolue d'avance par la négative, qui découle fatalement de la conclusion précédente. — Une

seule chose peut nous étonner, c’est que, connaissant tous les faits que nous venons d’énumérer, on ait pu songer à faire de la diminution de l'urée une caractéristique du cancer ;

3° — Raisonnant par l'absurde, comme il est dit en rhétorique, supposons un instant la loi de Rommelaëre vraie et démontrée ; la diminution de l'urée peut-elle expliquer toutes les conditions de production du cancer? Développement rapide, généralisation, etc., etc.

Partant de la diminution de l’urée, — les conditions de production de celle-ci étant connues, — il y a une double

(1) I serait trop long d'énumérer tous les auteurs qui ont fait des recherches sur cette question de l’urée. Nous renvoyons pour cela aux ouvrages de Physiologie et aux publications périodiques.

SH EE hypothèse à faire: ou bien lurée étant formée, n'est pas éliminée, il en résulte un cancer (l'urée serait alors toxique (?)); ou bien, il n'y a pas de formation d'urée, et il en résulte encore un cancer (d'où vient l'empoisonnement, la maladie ?)

Dans ces deux cas, l'explication scientifique est à peu près impossible a établir, et serait-elle facile qu'il resterait encore à expliquer le modus vivendi du cancer.

Et nous pouvons conclure de nouveau :

4 L'urée est adéquate au régime :

20 La diminution de lurée n’est pas particulière au cancer ;

3° La diminution de l'urée ne peut expliquer toutes les conditions de production du cancer.

Il résulte de tout cela qu'on doit refuser à la loi de Rommelaëre toute valeur diagnostique dans le cancer de l’estomac (1).— C'est un signe de plus qui s’en va, mais non le dernier.

Nous venons de lire dans le dernier numéro du Journal de Médecine de Bruxelles, (nov. 1884), un travail du professeur Rommelaëre sur le diagnostic du cancer par l'Hypophosphaturie. En voici les conclusions :

1° Les cas de cancer entraînent constamment à leur suite de l’hypo-phosphaturie;

2° Cette hypo-phosphaturie n'est pas sous la dépendance du régime alimentaire des malades ; elle n’est pas le résultat d’une réduction alimentaire ;

3 Elle trahit une viciation de la nutrition intime, au même titre que l'hypo-azoturie ;

4° La chlorurie est réduite dans les cas de cancer, mais d'une manière peu prononcée, qui n’est pas constante, et qui

(1) Des expériences analogues ont été faites dans différents services des hôpitaux de Paris, comme les nôtres elles ont été négatives.

nous parait en rapport direct avec la tendance au phagédénisme de l’ulcère cancéreux ;

»° Le rapport de la phosphaturie à l’azoturie dans les cas de cancer n'a rien de constant; il oscille entre 3,51 : 100 et 15:-01:7100;

6° Le rapport de la phosphaturie à la chlorurie dans les cas de cancer n'a rien de constant: il oscille entre 3,85 : 100 et 29,57 : 100. Il est le plus souvent inférieur à 20 : 100.

N'ayant aucune expérience à fournir, il nous est impossible d'émettre une opinion sur la valeur de cette théorie. Nous nous proposons de faire des recherches ultérieures dans cette direction.

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