‹ Diagnostic et traitement du cancer de l'estomacChapitre 4 sur 47 · LACS · texte numérisé non relu

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de lancinance avec rémissions, mais sans intermittences. Au contraire, s’il est ulcéré, la douleur devient sourde, rongeante, s’augmente par l'ingestion des aliments, ressemble enfin à celle de l’ulcère. De là bien des difficultés.

Nous avons en effet des malades chez lesquels l'autopsie a fait découvrir des cancers de l’estemac, et qui n'avaient jamais souffert, d'autres qui souffraient atrocement, sans pouvoir indiquer le siège de leurs douleurs. En outre, à quel moment la douleur de la dyspepsie cesse-t-elle d'exister, pour faire place à la douleur du cancer ? Quels en sont les caractères au début, lorsqu'il n'y a que des troubles de la digestion ? Ont-ils quelques points de ressemblance avec ceux de la période cachectique? À chaque période de la maladie peuvent, en effet,correspondre des sensations très différentes. Ce phénomène est encore obscurei par ce fait, que l'estomac est en rapport avec un grand nombre d'organes sur lesquels il se meut, et avec lesquels il peut contracter des adhérences. Ces adhérences, avec le foie, le pancréas, la paroi abdominale, etc., peuvent induire en erreur pour la localisation de la douleur.

En résumé, les signes fournis personnellement par le système nerveux de l'estomac sont très imparfaits et très insuffisants. Aussi ne pouvons-nous pas accorder à la douleur la valeur diagnostique que certains auteurs ont voulu lui donner, eu particulier, le D' Gaillardon, qui a fait une thèse sur « la douleur dans le cancer de l'Estomac. » Elle peut apparaitre sous des formes tellement multiples, que notre maître, M, Dujardin-Beaumetz en a dit qu’il n'existait pas de plus mauvais signe de l'affection cancéreuse.

H. — Troubles digestifs. — Ils existent dans la plupart des cas, mais ils ne sont pas constants, puisqu'il y a des cancers latents, c'est-à-dire des affections dans lesquelles les troubles digestifs sont si peu accusés qu'ils n’attirent pas

Les l'attention. La lésion « tumeur » n'apporte done pas toujours ds troubles par sa présence même; il n'y a qu’une portion de la paroi qui fonctionne mal ou qui ne fonctionne pas. Si la muqueuse est indemne dans ses autres parties, s’il n’y a pas de gastrite chronique, ni de dilatation, la digestion s'opère bien. Cest ainsi qu'en fait de troubles digestifs, le cancer n’a que ceux qu'il emprunte aux autres affections de l'estomac. Il serait superflu d'en analyser ici les caractères. Arrivons immédiatement à l'étude de l'anorexie et des vomissements. — On trouvera plus loin plusieurs observations, dans lesquelles, malgré la présence d'une tumeur manifestement constatée pendant la vie, il n'existait aucun trouble digestif.

IIT. — Anorexie. — Une lésion agissant sur un organe quelconque doit avoir pour action immédiate d'entraîner des troubles dans ses fonctions propres; ici, la sensation de la faim sera augmentée ou diminuée, — si nous admettons qu'elle soit la fonction de l'estomac. Nous ne connaissons pas d'exemple de boulimie; ce qui a fait dire à Lasègue : « on peut dire en thèse générale que la boulimie ne se lie à aucune lésion stomacale grave ou superficielle. » Dès que se forment les premiers dépôts cancéreux dans les parois de l'estomac, l’anorexie doit apparaître; mais il en est rarement ainsi.

On n'observe, au début, que des pertes d’appétit légères, intermittentes, du dégoût pour certains aliments, et l’anorexie vraie, absolue, ne se montre que vers la fin, à la période cachectique. Elle existe dans la plupart des cas, mais elle manque quelquefois, et ces exceptions pourraient donner raison aux physiologistes qui refusent à l'estomac la sensation de la faim, disant qu'elle ne provient ni du suc gastrique, ni des nerfs. Ils se fondent, pour cela dire, sur les expériences de Leuret, Lassaigne, Sédillot, Schiff qui ont vu la faim persister, malgré la section des pneumogastriques,

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des sympathiques ou des nerfs du goût (Longet). Pour eux, la faim est un ensemble de sensations locales et générales. Elle est la conséquence de l'appauvrissement du sang, et persiste après la section de tous les nerfs sensibles de l'estomac. On peut la calmer et même la faire disparaître en injectant dans le sang des substances nutritives convenablement préparées (1).

En attendant que l'accord soit fait entre les physiologistes nous devons constater cliniquement, — quelle que soit l'origine de la faim, — que l'anorexie existe dans le cancer de l'estomac, mais qu'elle peut n'y pas exister, qu'on la rencontre encore ailleurs, c'est-à-dire dans d'autres affections de l'estomac, et même dans des affections éfrangères à cet organe. |

Sur 33 cas, Lebert a vu l'appétit conservé 4 fois, aboli 22 fois. D'après Brinton, l’anorexie existe 85 fois sur 100.

Voici une observation dans laquelle l'appétit a été conservé malgré la présence d’une tumeur cancéreuse, malgré la cachexie; cette malade présentait aussi ce fait intéressant qu'elle n'avait jamais vomi.

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