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27 opérateurs (1); les détails en sont donnés dans un travail récent de Czerny (Beïträge zu den Operationen am Magen, in Wiener med. Wochenschr., 1884, n° 17-19, et C'entralblaté du 27 septembre 1884.) Sur ces 33 opérations, il y à eu 27 cas de mort, dont 18 dans les premières 24 heures, d'où on peut conclure que la plupart des patients étaient trop affaiblis pour supporter une opération aussi grave. Les œuérisons définitives chez les malades ayant survécu à l'opération n’atteignent guère que 10 pour 100. D'ailleurs, dit-il, il est trop tôt pour établir une statistique : on voit, par exemple, que la mortalité diminue de plus en plus. Des 18 premiers opérés, 15 sont morts; la 2° série de 18 n’a donné que 12 décès. Mais, même dans les cas de succès opératoire, il ne faut pas compter sur une guérison radicale. Dans deux cas de succès, Czerny examinant au microscope les bords du fragment excisé qui paraissait sain, y a trouvé des alvéoles du carcinome ; et les malades ont succombé à des récidives ou à des métastases au bout d'un an ou 45 mois.
Pendant que nous étions en Allemagne, nous nous sommes rendu à Heidelberg. En l'absence du professeur Czerny, son premier assistant, le D* Ebenau s'est mis très gracieusement à notre disposition pour nous faire visiter le service, et nous donner tous les renseignements désirables au sujet de la résection de l'estomac.
Le professeur Czerny à pratiqué huit fois cette opération : deux des malades sont morts de gangrène du côlon (2), peu de temps après l'opération; deux sont guéris, mais récidivent, l’un est un jeune homme de 25 ans, opéré il y a 18 mois; enfin, dans quatre cas, le carcinôme était tellement
(4) Voir aussi Murie, De la résection du pylore (Th. Paris, 1883) et Revue d'Hayem, XXII. p. 672.
(2) On connaît 6 cas semblables de gangrène du côlon, que Küster (de Berlia), attribué à la moindre résistance du gros intestin. Il condamne la résection du méso-colon ($#em. méd., 2 oct. 1884).
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avancé que l'opération s’est bornée à une ineision d'essai. — Il faut opérer, quand il y a, rétrécissement du pylore, vomissements et douleurs ; mais l'opportunité opératoire demande un examen attentif et minutieux. Les cas où on peut opérer, dit-il, ne se présentent environ que une fois sur dix cancers, — et surtout quand les douleurs de la sténose pylorique sont devenues intolérables.
Dans ce dernier cas, la résection améliore réellement et rapidement les malades en faisant disparaître les douleurs. C'est donc une opération palliative, et, comme nous le disait le D' Ebenau, « c'est une opération de complaisance » sur laquelle on fonde peu d'espoir, car il y a toujours récidive.
A Munich, nous avons vu le professeur Nüssbaum qui, d'après le récit que nous en a fait un de ses assistants, a pratiqué trois résections du pylore, une il y a 3 ans, l'autre il y à 18 mois, les malades vivent encore ; le troisième malade est mort. |
A Zurich, — le professeur Kroenlein a fait une résection, le malade est mort: chez deux autres malades, lé cancer étant trop volumineux, l'opération s’est bornée à une incision d'essai.
En résumé, la gastrectomie n'est pas une opération condamnable d’une façon absolue. Il faut se garder, comme pour toute opération nouvelle, d'un enthousiasme irréfléchi, aussi bien que d'une répulsion trop forte. Attendons une statistique plus nombreuse. Nous pouvons, dans tous les cas la considérer comme une opération palliative.
Gastrostomie. — On appelle ainsi l'établissement d'une ouverture permanente dans les parois de l'estomac. Cest une opération beaucoup plus rationnelle que les précédentes et qui, assez fréquemment employée, a donné de nombreux succès. — Proposée par Egeberg (1837), elle a été pratiquée pour la première fois sur l'homme par Sédillot (1849) mais sans succès (1).
Revue d’Hayem. 1880, XVI, p. 742, L.-H. Petit.
En voici la technique opératoire, donnée par Labbé et Verneuil: 4° Incision de la paroi abdominale, parallèlement au bord inférieur du cartilage de la 8° côte.
% Fixation de l'estomac aux bords de la plaie;
3° Ouverture de l'estomac avec des ciseaux, et introduction d'une sonde de caoutchouc rouge.
Cette opération s'impose toutes les fois que l’æsophage ou le cardia sont rétrécis au point de ne pas permettre le passage des aliments. La nutrition est alors gravement altérée, et il est de toute nécessité de nourrir l'organisme au moyen d'une fistule stomacale.
La gastrostomie est moins redoutable que la résection ; elle peut donner des résultats durables, mais, comme précédemment, il y a presque toujours eu récidive, au bout d'un temps variable (Voir les statistiques èn Revue d'Hayen|.
Dans une communication faite à la Société de Médecine de Londres (séance du 1* décembre dernier), M. Boyce Barron donne l'histoire d’une gastrostomie dont le manuel] opératoire, différent des précédents, nous a paru intéressant à signaler (1).
1° Incision cutanée de 8 centimètres suivant le rebord des côtes ;
2 Incision profonde parallèlement aux fibres du muscle droit de l'abdomen :
3° On attire l'estomac au dehors et on le transfixe au moyen de deux longues épingles placées à un demi centimètre de distance, perpendiculairement aux bords de l’incision cutanée. On réunit d’abord par un premier rang de sutures les surfaces péritonéales, puis par un deuxième les lèvres de la plaie et la face antérieure de l'estomac. Les épingles traversent toutes les tuniques de l'estomac qu'elles maintiennent en place solidement et sans douleur, grâce à
(1) Semaine méd., 4 décembre 1884. p. 477.