RON LEE
ou professionnel. Les hallucinations se rapportent aux préoccupations habituelles du sujet, dans ses paroles et dans ses gestes (gestes d’automate), le malade répète les gestes familiers à son métier: enfiler une aiguille, dévider une bobine, etc. Un étudiant en médecine que nous observons actuellement, récite la nuit ses questions d’Externat. Dans d’autres cas, plus rares, on observe des hallucinations visuelles terrifiantes, ou de l'excitation verbale. Souvent le délire s’accompagne d’agitation, on est obligé de maintenir le malade pour qu'il ne se sauve pas. (Observ. de BoquEerT et NAUILEAU).
Ce qui doit nous intéresser ici pour l'établissement d’un diagnostic précoce, c’est que nous devons savoir que, le plus souvent, ces manifestations psychiques ‘s’observent au début de la maladie, soit même à la période prodromique, et qu’elles s’accompagnent géné ralement de fièvre et d’insomnie, cette triade symptomatique (confusion mentale, fièvre, insomnie) devant faire penser à une encéphalite épidémique au début.
b) Formes cortico-cérébrales à type moteur : que le Professeur P. MARIE a décrites sous le nom de Syndrôme excito-moteur. Ces formes se présentent tantôt sous le type épileptiforme généralisé, ce qui est rare, ou partiel (épilepsie jacksonienne, également très rare), tantôt sous le type hémiplégique qui a été plus souvent signalé. Elles peuvent s’observer à toutes les phases de la maladie, nous ne retiendrons ici que les perturbations observées dès le début.
Les premières observations d’encéphalite léthargi-
que ne les signalaient qu’exceptionnellement, mais le
RON FN Ce
professeur P. MARIE attira l’attention sur ces phénomènes dès la fin de 1918, mais il les avait observés assez tardivement, vers le huitième jour seulement dans les observations où leur apparition est la plus précoce. Mais l'épidémie de 1920-1921 montra que ce syndrôme excito-moteur pouvait apparaître dès le début de l'affection et en constituer même la seule manifestation.
Il est parfois difficile, dans ce cas, de poser le diagnostic d’'E. E. en présence de ces seuls symptômes, malgré l’absence fréquente d’un ou plusieurs termes de la triade toujours recherchée d’abord : hypersomnie, fièvre, troubles oculaires. Et ce diagnostic est d'autant plus délicat que souvent, semble-t-il, ces formes s’observent chez des sujets ayant présenté déjà des troubles excito-moteurs. Tel fut le cas dans: l’intéressante observation qui suit, due à l’obligeance du D' Jeudon, d’encéphalite épidémique chez un épileptique.