‹ Dialogues et entretiens philosophiques (volume 2)Chapitre 23 sur 80 · UN BRACHMANE ET UN JÉSUITE · texte numérisé non relu

UN BRACHMANE ET UN JÉSUITE

Sur la nécessité et V enchauiement des choses.

LE JÉSUITE.— C'est apparemment par les prières de saint François Xavier que vous êtes parvenu à une si heureuse et si longue vieillesse ? Cent quatre-vingts ans ! cela est digne du temps des patriarches.

LE BRACHMANE. — Mon maître Fonfouka en a vécu trois cents ; c'est le cours ordinaire de notre vie. J ai une grande estime pour François Xavier ; mais ses prières n'auraient jamais pu déranger l'ordre de l'univers : et s'il avait eu seulement le don de faire vivre une mouche un instant de plus que le portait l'enchaînement des destinées, ce globe-ci serait tout autre chose que ce que vous voyez aujourd'hui.

LE JÉSUITE. — Vous avcz uue étrange opinion des futurs contingents. Vous ne savez donc pas que l'homme est libre, que notre volonté dispose à notre gré de tout ce qui se passe sur la terre ? Je vous assure que les seuls jésuites y ont fait pour leur part des changements considérables.

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