‹ Dialogues et entretiens philosophiques (volume 2)Chapitre 54 sur 80 · DESTOUCHES A SIAM. 2} J · texte numérisé non relu

DESTOUCHES A SIAM. 2} J

monsieur, si vous divisez, à Siam, le ton majeur en deux comma et deux demi-comma, et si le progrès du son fondamental se fait par i, 3, et 9.

CROUTEF. — Par Sammonocodom, vous vous moquez de moi. Vous n'avez j^oint de tenue; vous m'avez interroge' sur la forme de notre gouvernement, et vous me parlez de musique.

ANDRÉ DESTOUCHES. — La musique tient à tout, elle était le fondement de toute la politique des Grecs. Mais pardon; puisque vous avez l'oreille dure, revenons à notre propos. Vous disiez donc que pour faire un accord parfait...

CROUTEF. — Je vous disais qu'autrefois le Tartare tondu prétendait disposer de tous les royaumes de l'Asie, ce qui était fort loin de l'accord parfait ; mais il en résultait un grand bien, on était beaucoup plus dévot à Sammonocodom et à son éléphant que de nos jours, où tout le monde se mêle de prétendre au sens commun avec une indiscrétion qui fait pitié. Cependant tout va; on se réjouit, on danse, on joue, on dîne, on soupe, on fait l'amour : cela fait frémir tous ceux qui ont de bonnes intentions.

ANDRÉ DESTOUCHES. Et qUC VOulcZ-VOUS de

plus? Il ne vous manque qu'une bonne musique. Quand vous l'aurez, vous pourrez hardiment vous dire la plus heureuse nation de la terre.

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