D'ÉPICTÈTE A SON FILS
EpicTÈTE. — Je vais mourir; j'attends de vous un souvenir tendre et non des larmes inutiles; je meurs content, puisque je vous laisse vertueux.
LE FILS. — Vous m'avez enseigne' à l'être, mais vous savez quel trouble m'agite. Une nouvelle secte de la Palestine cherche à me donner des remords.
EPICTÈTE. — Des remords ! il n'appartient qu'aux scéle'rats d'en e'prouver. Vos mains et votre âme sont pures. Je vous ai enseigné la vertu, et vous l'avez pratiquée.
LE FILS. — Oui; mais cette nouvelle secte annonce une nouvelle vertu que je ne connaissais pas.
EPICTÈTE. — Quelle est donc cette secte ?
LE FILS. — Elle est composée de ces Juifs qui vendent des haillons et des philtres, et qui rognent les espèces à Rome.