X PREFACE
d'ixion et de griffon, ni de lièvre, sous prétexte que cet animal « rumine et n'a pas le pied très-fendu » ; crédule, puisqu'il ajoutait foi aux vertus d'une eau souveraine pour révéler l'infidélité des femmes et aux paroles d'une ânesse qui savait l'hébreu; très-vicieux, puisque la sodomie, voire la bestialité, sont ses péchés mignons; trés-saîe, puisque lahvé, € plus soucieux des derrières que des âmes immortelles », croit devoir formuler à son intention les règles de l'Ars cacatoria (il est vrai que Manou, lui aussi, est expert sur ce chapitre, que Rabelais a complété); très-peu attaché à son dieu jaloux, puisqu'il profite d'une absence de Moïse pour retourner au culte d'Apis, sous forme de veau d'or; très-làche, puisqu'il laisse massacrer par le même Moïse vingttrois mille des siens qui avaient adoré ce veau, quatorze cents qui avaient disputé l'encensoir à Aaron, et encore vingt-quatre mille, parce qu'un seul hébreu avait couché avec une Madianite; très-féroce, puisque, ayant surpris le camp des Madianites, dont le grand-prêtre Jéthro était beau-père de Moïse, il égorgea « tous les mâles et toutes les veuves, les épouses et les mères, et ne garda que les petites filles... Et, à propos de filles, dit Zapata, pourrai-je tenir mon sérieux, quand je dirai que Moïse trouva trente-deux mille pucelles dans le camp madianite, avec soixante-et-un mille ânes? Ce n'est pas deux ânes par pucellel •
Avouez, toutefois, que, si le dieu se faisait digne du peuple, Moïse n'était guère plus sage que l'un et que l'autre. 11 réduit le veau dor en cendres, qu'il fait avaler à son peuple. Bien. Mais pour ramener à Dieu ses administrés, il les force d'adorer des serpents d'airain. Incapable de trouver les chemins de la terre promise, il prétexte que Dieu lui en interdit l'entrée. C'est une excuse. Mais pourquoi ne coufiet-il pas les Juifs à un meilleur guide .•' Josué n'estil pas là, l'homme qui sait faire tomber les murailles au son des trompettes, le puissant exorciste, faible