XVIII PREFACE
et d'apprécier l'artifice, tout à fait insuffisant et puéril, qui avait présidé à la combinaison de la légende chrétienne avec les données bibliques, des mythes de la Syrie et de TEgypte avec les conceptions alexandrines; la critique démêla les éléments, trèshumains, de la prétendue vérité divine et éternelle. Ce qui avait fait la force de la religion en devint la faiblesse.
Il n'était pas difficile de découvrir que les gaillardises de la Sulamite n'avaient rien à voir avec Tunion du Christ et de son Eglise, que les seins qui bondissent comme des chevreaux, et le reste (voir Bossuet), seraient une image peu décente de l'empressement des fidèles. Il sautait aux yeux que Jésus était fort étranger au prophète qui court tout nu dans les rues avec un bât sur le dos, à celui qui mange ce que vous savez et qui ne descend du char de flammes que pour conter en termes obscènes les pratiques d'Oollah et d'Aolibah, et tout autant à ce saint homme Osée, si obéissant au dieu qui l'envoie expérimenter les amours faciles. Les preuves dites historiques ne tiennent pas contre le plus simple examen. Voltaire ne s'est pas contenté de le crier bien haut pour ceux qui le pensaient ; il l'a dit et ressassé pour ceux qui l'ignoraient ; et comme il ne mâche pas les mots, il accusa formellement d'imposture les inventeurs de ces falsifications ; et comme il était ingénieux, il trouva piquant de faire mentir Boileau et de voir si vraiment
De la religion les mystères terribles D'ornemeuts égayés ne sont pas susceptibles.
Qjaant aux preuves, qu'on peut nommer intrinsèques, tirées de la légende et des miracles de Jésus ou des apôtres, il faut n'avoir point lu Rigolet et Bolingbvoke pour s'y arrrêter encore. C'est affaire à certains buveurs d"eau, de méditer sur le vin de Cana, sur les exorcisés, les paralytiques qui jettent