DES ABUS
^T ^u '^^ ^^^ ^^ monde n'est gouverné aue par des abus, cela est-il vrai > e^^verne que
B. -- Je crois bien qu'il y a pour le moins moitié abus et moitié usages tolérab les Thez es nations policées, moitie^malheur et moitié fortune de même que sur la mer on tTouve un partage assez égal de tempêtes et de belu temps pendant l'année. C'est ce qui a faît ima d^er^i^i^icïéeiis^^^"-^^ '' ^up?terett^^rc?e
rni^'^K ^'" ^^' ^ P^^n^ ^n quartaut. I?V a tant d abus dans ce monde, que dans un vovage
d'abis sk foTn" ''''^ °" ^PP^^^^^ ^---e rannée au h.n. ^f ^^."^^\n5' Pendant toute lemenî: '''' '^'''^' nomment par-
B. — Oui; mais à qui appellerons-nous des mond^y ''^"'"^ ^'"^ la constitution de ce
N'est-ce pas un abus énorme que tous les animaux se tuent avec acharnement les uns les autres pour se nourrir, que les hommes se tuent
jgQ DIALOGUES. XLI.
beaucoup plus furieusement encore sans avoir -fj^li'ltdo^^r.^5?^nousnousf™
''^'^'''' T'.i lu dans un livre que nous n'avons,
que n°"^^P^Jitret ^èu que sur'ces quinze ans nrLrpatorpteri|fancequ^^ P^^^^nt\n 'o"e 'le tourments- dS corps, et
Fe^Tet paslr^'^our le^s autres. N'est-ce
donn7rel™3s"^ue la nature so.t autrement faite qu'elle ne ^est. ^^ ^^.^^
l Zc'est un secret sûr pour abréger encore
décime le gen^f'^^i^^^'iso^ns dont la terre, est sistante en Atrique, 'es P';;"^ - s aise-
-e"nr4nàis%-^r3raufpent
-'eTs ats ^urno^s^Xs introduit? nous- "f !!: La liste serait longue dans la société
ABC. XVI. l8l
perfectionnée; car, sans compter l'art d'assassiner re'gulièrement le ^enre humain par la guerre dont nous avons déjà parlé, nous avons l'art d'arracher les vêtements et le pain à ceux qui sèment le blé et qui préparent la laine ; l'art d'accumuler tous les trésors d'une nation entière dans les coffres de cinq ou six cents personnes ; l'art de faire tuer publiquement en cérémonie , avec une demi-feuille de papier, ceux qui vous ont déplu, comme une maréchale d'Ancre, un maréchal de Marillac, un duc de Sommerset, une Marie Stuart ; l'usage de préparer un homme à la mort par des tortures pour connaître ses associés, quand il ne peut avoir eu d'associés ; les bûchers allumés, les poignards aiguisés, les échafauds dressés pour des arguments en baralipton^ la moitié d'une nation occupée sans cesse à vexer l'autre loyalement. Je parlerais plus longtemps qu'Esdras si je voulais faire écrire nos abus sous ma dictée.
A. — Tout cela est vrai ; mais convenez que la plupart de ces abus horribles sont abolis en Angleterre, et commencent à être fort mitigés chez les autres nations.
B. — Je l'avoue; mais pourquoi les hommes sont-ils un peu meilleurs et un peu moins malheureux qu'ils ne l'étaient du temps d'Alexandre VI, de la Saint-Barthelemi et de Cromwell ?
c. — C'est qu'on commence à penser, à s'éclairer, et à bien écrire.
A. — J'en conviens; la superstition excita les orages, et la philosophie les apaise.
l82 DIALOGUES. XLI.