VOLTAIRE ET LES RELIGIONS. Y
qui était réservé aux. controverses théologiques; il a traîné au grand jour le secret des sacristies, les livres saints prudemment enfermés sous un triple scel. Gela seul serait nouveau. Mais il ne faudrait pas croire que sa critique soit à ce point banale et approximative. Gardons-nous des illusions entretenues par le germanisme combiné avec un certain amour-propre. Pour être aiguisés en sarcasmes, les arguments de Voltaire n'en sont pas moins solides; ils sont restés dans la blessure, au défaut de la cuirasse.
Nul plus que nous ne s'intéresse aux fouilles hardies de l'érudition moderne. Eh bien ! en toute bonne foi, dans leurs révélations, nous ne trouvons rien, ou presque rien, qui n'ait été indiqué, prévu, d'avance utilisé par Voltaire. Avec moins de minutieuse exactitude dans les faits, il a dans la méthode plus de sens pratique, plus de justesse dans le point de vue.
Quelles sont les principales thèses de la critique moderne : Incohérence des morceaux réunis dans la Bible; remaniements, interpolations perpétuelles dans un texte sans cesse rajeuni, tardivement tixé ; inanité des prétendues concordances entre les prophéties, les généalogies et les Evangiles; fabrication après coup des légendes chrétiennes; hostilité de Pierre et de Paul; supposition du voyage de Pierre à Rome et de son mart}Te; laborieux établissement des dogmes; mélange indigeste des théurgies orientales et de toutes les bribes de la mythologie méthaphysique avec le monothéisme étroit des Juifs; invention récente de la mariolâtrie; paganisme du culte des saints; déplorable et imparfaite adaptation d'une doctrine antisociale par essence à la direction de la vie terrestre et au gouvernement des hommes. De ces questions et de cent autres, laquelle n'a pas été posée et résolue par Voltaire r Où est la divergence dans les conclusions? On dirait parfois que l'exégèse a seulement figé en grave et