VI PREFACE
pesant langage la raillerie ailée de Boulainvilliers ou de TEmpereur de la Chine.
Voltaire s'est répété souvent, avec une ardeur infatigable; et pas n'est besoin d'explorer ses œuvres complètes pour rassembler ses idées sur rancienne et la nouvelle foi. Lui-même a pris soin de les résumer dans quatre ou cinq morceaux célèbres, et nos Dialogues suffiraient à nous fournir une ample moisson de démonstrations auxquelles une exégèse plus avancée n'a pu apporter que des amendements secondaires.
« Les hommes les plus versés dans l'antiquité, » dit l'Homme de bien au Caloyer, t pensent que ces livres (le Pentateuqiœ) ont été écrits plus de sept cents ans après Moïse. » En effet, sauf de très-rares passages de la Genèse, d'ailleurs remaniés, le reste du Pentateuque est postérieur aux rois, et la rédaction qui est venue jusqu'à nous date, sinon d'Esdras et du retour de Babylone, au moins de la réforme piétiste accomplie au septième siècle, sous Josias.
Il s'en suit que les faits relatés dans ces cinq livres fondamentaux ne méritent qu'une créance trèsréservée; d'autant qu'ils sont demeurés absolument inconnus des nations les plus voisines et les plus intéressées à les connaître. Si l'émigration de plusieurs tribus sémitiques entrées en basse Eg}'pte avec les Hyksos paraît mentionnée dans quelques documents du xive siècle avant notre ère, nulle part on ne voit trace des dix plaies odieuses infligées par un magicien juif aux sujets de Pharaon, encore