LA SCIENCE DE VOLTAIRE
Pour Voltaire déjà', la physique est « la science véritable, fondée sur l'expérience et sur la géométrie » (m, i68). Initié autant qu'homme de son temps aux belles découvertes de la physique et aux théories de la chimie naissante, il reconnaît qu'entre « la matière brute et la matière organisée, il n'y a qu'un pas »; que, l'univers n'étant que mouvement, « le mouvement est essentiel à la matière » (m, 56), et que « toute matière a ses lois invariables de mouvement » (11, 20^;. La chimie n'ayant pas encore dégagé les corps simples et déterminé les lois des combinaisons atomiques, il déclare ignorer ce qu'est la matière; il lui sutht d'en constater l'existence. Quant au mouvement, dont il ne peut non plus soupçonner l'origine, il sait du moins que ce n'est rien par soi-même, que c'est le terme général accepté pour résumer nos comparaisons entre les situations successives des corps : « le mouvement d'une boule n'est que la boule changeant de place » (11, iio). Quelles que soient ses perplexités en présence de l'attraction, ce « premier ressort de la nature », de la gravitation et de la pesanteur, il les considère comme des noms et des particularités du mouvement, jamais comme des puissances situées