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LA PHILOSOPHIE DE VOLTAIRE. XIII

en dehors des choses qui gravitent et qui pèsent. Sa définition de la force et des forces ne laisse aucun doute à cet égard. Sans cesse il va répétant ; « Il n'y a point d'être réel qui soit la faiblesse ou la force » (i, 155 ; m, 149).

Sa conception de Tunivers est celle même de Newton. Il aime à décrire avec précision et non sans magnificence le système solaire et le spectacle des cieux : les astres de notre petit monde tournant autour du globe central, « de façon que les cubes de leurs distances soient toujours comme les carrés de leurs révolutions»; mille milliards de soleils traînant leur cortège de planètes et de comètes à travers l'étendue. « Tous jettent de leur sein les mêmes torrents de lumière qui partent de notre soleil, et des astres innombrables s'éclairent les uns les autres. » On en compte jusqu'à deux mille dans une seule partie de la constellation d'Orion. Cette longue et large bande de points blancs qu'on remarque dans l'espace, cette voie lactée..., est une foule de soleils dont chacun « a ses m.ondes planétaires roulant autour de lui. Et à travers cette longue traînée de soleils et de mondes, on voit encore des espaces, dans lesquels on distingue encore des mondes plus éloignés, surmontés d'autres espaces et d'autres mondes » (11, 196).

Il avait connu ces merveilleuses découvertes à un âge où le cœur est de moitié dans les enthousiasmes de l'esprit; il les avait étudiées avec passion, propagées avec énergie, célébrées avec une fougue de néophyte, en prose et en vers (Epître à madame du Chdtelet). La vieillesse n'eut point de prise sur l'ardente admiration de sa jeunesse et de sa maturité. Nul n'a fait plus que lui pour substituer le véritable système du monde aux sottises orthodoxes, ou aux hypothèses obstinées des sectateurs û'Aristote et des disciples de Descartes. Son amour pour Newton, son zèle pour la vérité scientifique se sont traduits en railleries impitoyables contre la

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