XXII PREFACE
commande pas, » (i, 3 ^; : formule bien absolue, puisque Thomme est, lui aussi, un facteur nécessaire de la destinée.
En somme, Tunivers de Voltaire est un système lié où des corps végétants, vivants et pensants, chacun a son rang dans la série, sous l'empire des lois physiques générales, agissent et se comportent en vertu de l'organisme et du milieu. Il n'y a point d'êtres métaphysiques substitués aux causes naturelles et réelles. L'homme n'est pas isolé du reste des choses. Il n'a d'autre privilège que la supériorité de sa structure, et des facultés qui y sont éveillées par les contacts extérieurs. Ce sont là les éléments de la destinée individuelle et sociale, de l'histoire : voyons-les à l'œuvre. Mais avant de suivre l'humanité dans sa carrière, retenons bien que cette activité qui lui est propre, ces rapports divers entre les groupes et les nations, avec leur cortège de conséquences, événements, mœurs, institutions, croyances, arts, développement intellectuel, tout ce qui constitue le règne humain, fut et demeure subordonné, enchaîné à l'ensemble fatal dont son évolution est un accident. L'histoire humaine est un corollaire de l'histoire terrestre. Bien qu'il conteste trop souvent, avec une âpreté quelque peu jalouse, les grandes vues de Montesquieu, Voltaire est d'accord avec lui sur ce point : « Le grand Démiourgos a donné aux hommes et aux animaux les aliments et l'industrie nécessaires pour soutenir leur courte vie, selon les climats où il les a fait naître. » (m, 201.) « Les lois et les religions sont faites pour les climats. » (m, ig.) « Trois choses influent sans cesse sur l'esprit des hommes, le climat, le gouvernement et la religion. » {Essai sur les mœurs, Résumé.)
Voltaire, un des premiers dans les temps modernes, a proposé et appliqué une nouvelle conception de l'histoire. Dés 1744, il publiait, à la suite de Mérope, le morceau qui débute ainsi : « Peut-