‹ Dialogues et entretiens philosophiquesChapitre 21 sur 117 · XXIV PREF.ACE · texte numérisé non relu

XXIV PREF.ACE

splendeur sous David et Salomon, entre des siècles d'obscurité confuse et de sombres calamités. Dès que l'on prend texte de documents hétérogènes et vingt fois remaniés pour imposer à Tunivers une doctrine infaillible et sacrée, la critique est en droit de les prendre en flagrant délit de contradiction , d'absurdité et de mensonge. Ceux qui ont bien voulu feuilleter la préface du tome ii, savent déjà quelle moisson de sarcasmes acérés et de démonstrations triomphantes ont fourni à Voltaire les plaies d'Egypte, le Veau d'or, le soleil de Josué, la mâchoire de Samson, les cruches de Gédéon, les infamies des patriarches, des juges et des rois, les imaginations incongrues des prophètes, les servitudes, les captivités et autres faveurs du farouche Jéhovah. Ils ont pu reconnaître aussi quelle érudition se cache sous cette éblouissante raillerie.

Toute la science de son temps , Voltaire la possède, avec l'art de s'en servir. Il a tout lu et tout condensé. Mais, regardant les vicissitudes humaines en philosophe, non en annaliste, il place avant le récit des faits l'étude des facteurs, l'histoire des idées et des institutions. Les religions et les philosophies n'ont guère rencontré de critique plus pénétrant.

A vrai dire, on ne peut lui demander sur l'origine et l'histoire des mythologies des notions que nous commençons à peine à acquérir. L'éducation l'avait d'ailleurs imbu lui-même de cet anthropomorphisme où toutes les croyances superstitieuses et autres ont pris naissance. Il est enclin à considérer toutes les fictions et toutes les pratiques des religions positives comme des altérations d'une foi pure, simple et primitive. Cette religion naturelle, antérieure à tous les mythes, il croit la reconnaître chez les sauvages de convention que le xviiis siècle a tant admirés; il la trouve à la Chine, dans les cinq kings ou livres sacrés; en Perse, dans

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