‹ Dialogues et entretiens philosophiquesChapitre 22 sur 117 · LA PHILOSOPHIE BE VOLTAIRE. XXV · texte numérisé non relu

LA PHILOSOPHIE BE VOLTAIRE. XXV

renseignement de Zoroastre ; sur les bords du Gange, dans la sagesse des Brahmanes. S'il eût mieux connu la genèse des idées religieuses, il aurait pu constater que les Chinois, par défaut d'imagination, sont arrivés de bonne heure à ce minimum de croyances que des peuples mieux doués ont lentement extrait d'inextricables mythologies; il aurait vu que le dualisme perse n'est qu'un résidu du panthéisme aryen; que les tendances déistes ne se révèlent que dans de rares hymnes du Véda, et dans les plus récents; enfin, que Brahm a est une conception métaphysique assez moderne. Mais, de Zoroastre et du Zend Avesta, il ne connaissait guère que le nom et quelques traits généraux; de Flnde, qu'une pâle contrefaçon des Védas, œuvre de missionnaires, le Veidam, et quelques termes défigurés, Shasta ou Shastra - Bed { Castra - Véda ) , E^our - Veidam ( Yadjour - Véda ) , Zombodpo ( Djambhou - Dvîpa ) , Narud (?), Brim, Bram ou Birmah (Brahma), Hanscrit. Les études orientales n'étaient pas même dans l'enfance, elles n'étaient pas nées.

Si nous laissons de côté, pour le moment, le déisme et la religion naturelle, nous relèverons par endroits quelques indications clairvoyantes : « Un homme d'une imagination allumée voit en songe son père et sa mère mourir; ils meurent : un dieu lui a parlé. Il se met à prédire au nom de ce dieu. » Si Voltaire eût pressé cette idée, il aurait pu être un précurseur de Lubbock, de Spencer et de Tylor. « Les hommes ont toujours transporté dans le ciel toutes les sottises de la terre, soit sottises atroces, soit sottises ridicules » (ii, 210). Un peu plus, il aurait compris que l'homme transporte au ciel et prête à l'univers, non seulement ses sottises, mais ses idées, ses facultés et sa raison. Mais s'il est des choses qu'il ne pouvait savoir, il en est qu'il ne veut pas voir; nous y viendrons. Demeurons dans l'ordre des religions positives, dans l'exégèse chrétienne : ici Voltaire est maître de son sujet.

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