XXVIII PREFACE
à la Révolution française, et nous ne savons si nos législateurs de 1880 en tireront un meilleur parti; mais les deux premières mesures sont fondées en droit, et en fait efficaces.
« A quoi sont bons les théologiens (11, 151)? La Faculté de théologie me paraît le corps le plus méprisable du royaume (11, 41). La théologie est dans la religion ce que les poisons sont parmi les aliments (11, 40). Je voudrais, pour l'honneur de la raison, qu'on l'abolît; il est trop honteux d'avoir fait une science de cette grave folie... Il faut absolument qu"on détruise la théologie» (11, 151, 152). Mais comment? En cessant de l'enseigner aux frais et au nom de l'Etat.
Quant aux moines , « habitants qui ne peuplent ni ne travaillent,... bonzes qui ne se marient point », gens qui s'engagent « par un serment inviolable à être inutiles au genre humain, à être absurdes et esclaves, et à vivre aux dépens d'autrui..., forçats volontaires qui se battent en ramant ensemble », il faut <i les défroquer tous -y. L'abolition des moines a peuplé et enrichi les États protestants ; « on peut certainement faire en France ce qu'on a fait ailleurs >.. « Leurs maisons deviendraient des hôtels de ville, des hôpitaux, des écoles publiques, ou seraient affectées à des manufactures... C'est le sentiment de tous les magistrats, c'est le vœu unanime du public, depuis que les esprits sont éclairés. » « Les moines restent puissants jusqii'à ce qu'une révolution les abolisse... Il n'y a qu'à souffler sur les moines, ils disparaîtront de la surface de la terre. » Le droit n'est pas douteux : toute institution fondée expressément sur le célibat est immorale au premier chef. Il n'y a qu a vouloir; mais « on ne connaît pas ses forces. Le roi de France n'a qu'à dire un mot, et le pape n'aura pas plus de crédit en France qu'en Russie » (11, 174, 175). Sages et vaillantes paroles, qui devraient être présentes à l'esprit de nos ministres. Ce sont celles-là et d'autres