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LA PHILOSOPHIE DE VOLTAIRE. XXXIX

existe, il est déjà trop tard pour lui retirer ce qu'on lui donna jadis. Il y a prescription, ratifiée par le consentement universel. « Dieu est adoré partout > (II, 88).

D'ailleurs, toute chose est faite par quelqu'un. L'oiseau fait son nid ; le castor sa hutte et son barrage. Un homme a construit le Gapitole (i, 42); un homme a écrit l'Iliade; un homme agence des machines, exécute des peintures et des statues. Mais le soleil, les astres, la terre, les eaux, les plantes, les animaux, l'homme enfin! qui les a créés ? car il faut bien que ce soit l'œuvre de quelqu'un. Nos sensations, nos idées, notre raison, nous ne nous les sommes pas données (i, çj, 98, etc., etc.); il faut bien que nous les tenions de quelqu'un. Ce quelqu'un est Diejj. Son existence est prouvée par ses ouvrages. La nature entière l'atteste. Il est évident « comme le soleil ». « Je vois un ouvrage admirable », etc., etc.X-^rjdr.e universe^ne procède point du hasard. Les courbes des astres ont été calculées d'après « les lois de la mathématique la plus profonde ». Il est donc nécessaire qu'un mathématicien très antérieur à Euclide ou à Newton ait possédé l'algèbre infuse, tous les théorèmes de la géométrie, sans compter le calcul différentiel.

Et puis encore : tout ce que l'homme construit ou invente, il le dirige à une fin. Or, toute chose a une destination, et c'est Dieu nécessairement qui la lui a donnée. Les causes finales, impliquées par l'existence de Dieu, prouvent à leur tour cette existence.

Ce cercle vicieux est bien connu; Voltaire s'y laisse prendre; il ne se lasse pas de produire, de tourner et retourner un argument qui a besoin d'être prouvé par ce qu'il prouve. Nous ne nous arrêterons pas à faire voir que l'ordre est la suite fort inditTérente en elle-même, des rapports nécessités par la juxtaposition des choses, qu'il

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