FILESAC ET LE PAGE
Ou dialogue d'un page du duc de Sully et de maître
Filesac, docteur- de Sorbonne,
Vun des deux confesseurs de Ravaillac.
J'ai connu dans mon enfance un chanoine de Péronne, âge' de quatre-vingt-douze ans, qui avait été élevé par un des plus furieux bourgeois de la Ligue. Il disait toujours : Feu monsieur de Ravaillac. Ce chanoine avait conservé plusieurs manuscrits très-curieux de ces temps apostoliques, q^uoiqu'ils ne fissent pas beaucoup d'honneur a son parti ; en voici un qu'il laissa à mon oncle :
MAITRE FILESAC. — Dicu mcrci, mon cher enfant, Ravaillac est mort comme un saint. Je l'ai entendu en confession; il s'est repenti de son péché, et a fait un ferme propos de n'y plus retomber. Il voulait recevoir la sainte communion; mais ce n'est pas ici l'usage comme à Rome : sa pénitence lui en a tenu lieu, et il est certain qu'il est en paradis.