‹ Dialogues et entretiens philosophiquesChapitre 63 sur 117 · HONORIUS ET LES GRECS. Ô · texte numérisé non relu

HONORIUS ET LES GRECS. Ô

« l'hérésie ! à l'hérésie ! au diable ! à l'excom- « munication, à la déposition ! un concile, vite « un autre concile; un autre empereur, un « autre évêque de Rome, un autre patriarche ! o

— Mon Dieu! que ces pauvres Grecs sont fous avec toutes leurs vaines et interminables disputes, et que mes successeurs feront bien de songer à être puissants et riches!

A peine Honorius avait proféré ces paroles qu'il apprit que l'empereur Héraclius était mort après avoir été bien battu par les mahométa.ns. Sa veuve Martine empoisonna son beau-fils; le sénat fit couper la langue à Martine et le nez à un autre fils de l'empereur. Tout l'empire grec nagea dans le sang.

N'eût-il pas mieux valu ne point disputer sur les deux volontés ? et ce pape Honorius, contre lequel les jansénistes ont tant écrit, n'était-il pas un homme très-sensé?

VOLTAIRE. DIALOGUES. Ilf.

DU CATÉCHISME INDIEN Ou la Raison et la Sagesse divine.

M. Dow nous assure que les brachmanes eurent depuis quatre mille ans un catéchisme, dont voici la substance. C'est un entretien entre la raison humaine, qu'ils appellent narud^ et la sagesse de Dieu, qu'ils nomment brim ou bram.

LA RAISON. — O premier-ne'deDieu! on dit que tu créas le monde. Ta fille, la raison, étonnée de tout ce qu'elle voit, te demande comment tout fut produit.

LA SAGESSE DIVINE. — Ma fille, ne te trompe pas : ne pense point que j'aie créé le monde indépendamment du premier moteur. Dieu a tout fait. Je ne suis que l'instrument de sa volonté. Il m'appelle pour exécuter ses desseins éternels.

LA RAISON. — Que dois-je penser de Dieu ?

LA SAGESSE DIVINE. — Qu'il est Immatériel, incompréhensible, invisible, sans forme, éternel,

Page 1