PRÉFACE. À XV
heure de liberté pour faire quelque folie et
prouver ainsi que la basse jouissance ne lui
suffit pas.
Voilà pourquoi toute réflexion qui transporte l'homme hors du cercle étre de son égoïisme est salutaire et bonne pour l'âme, quel que soit le tour que prennent ces réflexions. Le blasphème des grands esprits
est plus agréable à Dieu que la prière inté-
ressée de l’homme vulgaire ; car, bien que le
blasphème réponde à une vue incomplète des choses, il renferme une part de protestation juste, tandis que l’égoïsme ne contient
aucune parcelle de vérité. Une observation
d’ailleurs est importante, et je dois y insis-
ter. Ces spéculations n’ont aucune applica-
tion pratique, ou, en tout cas, supposent,
comme le « doute méthodique » de Des-
* cartes, des lois préalables qu’on s’est faites
et dont le meilleur garant est un bon