INTRODUCTION IX
socialisme est une doctrine matérialiste, antiesthétique^ amorale, toute perdue en de grossières revendications matérielles, et qu'on n'y saurait voir la bonne nouvelle, qui doit tout régénérer. Le socialiste, cependant, avec la ferveur du croyant, discutait pied à pied, ne làcliait pas prise, et ne désespérait pas d'amener à sa foi ses
trois amis
C'est le réssmé de ces discussions que nous avons voulu donner dans les Dialogues socialistes. Nous avons pris quatre points principaux: les rapports du socialisme avec la civilisation en général, ses rapports avec la religion, avec Tart, avec le mouvement féministe. On remarquera sans doute, pour s'en étonner, que souvent les mêmes idées se reproduisent d'un dialogue à Tautre; mais quand bien même la forme du dialogue n'impliquerait pas ces répétitions, notre excuse serait dans Tunité profonde de toutes ces questions. Et en définitive le problème général que nous avons voulu résoudre et qui faisait le fond de toutes ces discussions, est celui-ci : Dans quelle mesure le socialisme est-il capable de hausser l énergie industriellCy esthétique et morale de l'humanité ? Les aspirations égalitaires, dont il est l'expression la plus vivante et la plus profonde, ne vont-elles pas diminuer au contraire cette énergie? Et le progrès, en devenant homogène et en voulant soulever toute la masse humaine, ne va-t-il pas s'alourdir au point de trébucher? La civilisation