RUES PACE
jardin, arrosé par quatre fleuves majestueux, planté d'arbres fruitiers de toutes sortes, sous un climat délicieux. C’est dans ce beau séjour que le bon Dieu plaça nos premiers parents, tout innocents et saints, au moment de leur création.
MariE—Que signifient ces mots innocents et saints, au moment de leur création ?
JULIE.—Adam et Eve étaient innocents, c'est-àdire sans malice, nullement portés au mal comme nous ; voilà pourquoi l'Ecriture dit qu'ils n'avaient point konte de leur nudité, comme de petits enfants.
Ils étaient saints, c'est-à-dire enrichis dans leur âme:.des dons de la grâce divine.
Eva.—Au moment de leur création, Adam et Eve étaient-1ls comme de petits enfants ?
MaARIE.—Ils étaient petits enfants par eur innocence ; mais ils furent créés grands, à l’état adulte et parfait, à peu près comme sont aujourd'hui les personnes à l’âge de trente ans.
Leur corps était beau, sans aucune infirmité, sans maladie, sans souffrance et ne devait jamais mourir. c'est-à-dire être violemment séparé de l’âme.
Eva.—Cette âme était-elle bien belle ?
Marit.—T'rès belle : son intelligence était éclairée d'une lumière divine qui lui montrait tout ce qu'elle devait connaître, sans avoir besoin de recourir à l’étude ; sa volonté était doucement inclinée vers le bien ; enfin, la grâce achevait de la perfectionner et en faisait une image très ressemblante de Dieu.
Dans le Paradis terrestre, régnait l’ordre le plus parfait : les animaux étaient soumis à l’homme, dans l'homme le corps était soumis à l’âme, et l’âme était soumise à Dieu.
anté mat Dieu ints,
ls et
st-àmme aient ants.
leur
m et
innolulte Li les
sans urir.
\irée ‘elle
l’é- » le
r et
lus ans tait
Eva.
Makie.—Oui : tous les animaux, les lions, les tigres, les ours, les oiseaux, les poissons obéissaient, promptement, comme des domestiques, à l'homme leur roi et maître.
Il est dit en effet dans la Bible que Dieu, ayant formé du limon tous les êtres vivants de la terre et tous les oiseaux du ciel, les amena à Adam, afin qu'il vit comment il les appellerait ; et Adam donna un nom à chacun.
Les animaux étaient-ils soumis à Adam ?
CLARA.—Nos premiers parents étaient donc bien
heureux dans le Paradis terrestre ?
MaRiE.—Sans doute ; cependant, ce Paradis terrestre n'était qu'une faible image du Paradis céleste, du Paradis des anges, dans lequel Adam et Eve devaient passer, sans souffrir et sans mourir, si, durant le temps que Dieu les laisserait sur la terre, ils voulaient bien obéir à son commandement, et lui montrer obéissance,
CLARA.—Quel commandement Dieu donna-t-il à Adam et à Eve, pour éprouver leur obéissance ?
Eva.—"Tu le sais bien ; pour éprouver leur obéissance, Dieu leur défendit de manger d’un certain fruit, qui croissait dans le Paradis terrestre.
Au milieu des arbres du Paradis, il y avait l'arbre de vie dont les fruits étaient délicieux et réparaient les forces ; il y avait aussi l’arbre de la science du bien el du mal.
Dieu fit donc à l’homme ce précepte : “Mange de tout fruit du Paradis : mais ne mange pas de celui de l'arbre de la science du bien et du mal ; car le jour où tu en mangeras, {u mourras de mort.”
| W1:0 (Al
CLARA.—Voilà un commandement bien facile à observer, avec une menace bien terrible, {a mort !
JULIE.—C’est vrai ; mais le démon, jaloux du bonheur et de la destinée de l’homme, obtint de Dieu la permission de les tenter.
Il se cacha donc sous la forme du plus fin des animaux, le serpent, se servit des organes de cet animal innocent pour articuler des sons humains, et s’adressant à Eve qu'il croyait plus facile à séduire, il lui dit : “ Pourquoi Dicu vous a-t-il commandé de ne pas manger du fruit de tous les arbres ? ”
Eva.—“ Nous mangcons, dit Eve, du fruit des arbres qui sont dans le Paradis ; mais, pour le fruit de l'arbre qui est au milieu du Paradis, Dieu nous a commandé de n’en pas manger et de n’y point toucher, de peur que nous ne mourions.”
JUTIE.—< Point du tout, dit le serpent, vous ne
mourrez pas ; car Dieu sait que le.jour où vous en aurez mangé, vos veux seront ouverts, et vous serez
comme des dieux, connaissant le bien et le mal.”
CLARA. Voyez comme le démon est menteur ; il nie la menace de mort que Dieu a faite ! Puis, il flatte la vanité d’Eve, lui laissant espérer une science toute divine !
Que fit Eve alors ?
Eva.—La femme vit donc que ce fruit était bon à manger, qu’il était beau à voir, délectable à considérer. Elle prit du fruit de cet arbre et en mangea ; et elle en donna à son mari, qui en mangea aussi.
CLARA.—Oh ! les malheureux ! Les voilà perdus ! 115 ont désobéi à Dieu, malgré les lumières et les grâces qu’ils avaient reçues, malgré les châtiments dont ils étaient menacés !—-Qu'arriva-t-il alors ?
le à !
du Dieu
aniimal lres- | jui > ne
des fruit US à tou-
ne s en erez
JULIE.— Aussitôt les yeux furent ouverts à tous deux ; et, ayant reconnu leur nudité, ils entrelacè rent des feuilles de figuier et se firent des ceintures. Ils avaient perdu leur innocence !
Bientôt, ayant entendu la voix du Seigneur, qui se promenait dans le Paradis, à la brise du soir, Adam et son épouse se cachèrent de devant la face du Seigneur, au milieu des arbres du Paradis. Alors Dieu appela à Adam et lui dit : “ Adam, où es-tu ?
Eva.—<“ J’ai entendu votre voix, dit Adam, et j'ai eu peur, parce que j'étais nu, et je me suis caché.”
JULIE.—“ Qui donc, dit le Seigneur, t'a indiqué ta nudité ?: N'est-ce pas que tu as mangé du fruit de l'arbre dont je t’avais défendu de manger ?”
Eva.—“ La femme que:vous m’avez donnée pour compagne, dit Adam, m’a présenté du fruit et j’en ai mangé.”
JULIE. Pourquoi as-tu fait cela ? ”
Eva.—“ Le serpent m'a trompée, et j'ai mangé.”
JULIE.—< Parce que tu as fait cela, dit Dieu au serpent, tu es maudit entre toutes les bêtes de la terre... Je mettrai des inimiliés entre toi et la fenvme, entre La race et sa race ; elle l’écrasera la têle.”
Eva.—Ces dernières paroles firent briller l’espérance dans l’âme d'Adam et d’Eve ; elles annonçaient vaguement, mais assez clairement, la Rédemption future du genre humain par Jésus et Marie, le nouvel Adam et la nouvelle Eve.
Rosa.—Qu'arriva-t-il alors à nos premiers parents ?
CLARA.— IIS furent dès lors soumis au travail, à la souffrance, aux maladies, à la mort, Dieu dit à la femme : “Je multiplierai tes maux ;
tu enfanteras dans la douleur et tu seras sous la puis- ‘sance de ton mari.”
I] dit ensuite à Adam : “...Maudite est la terre, dont tu ne pourras tirer ta nourriture qu'en travaillant tous les jours de ta vie. Elle. produira des épines et des ronces..., et tu manegras ton pain à la sueur de ton visage, jusqu'à ce que tu retournes en la terre, de laquelle tu as été tiré ; car tu es poussière et tu retourneras en poussière.”
JULIE.— Voilà la terrible sentence de mort, qui s'exerce depuis le commencement du monde !
Eva.—Les souffrances et la mort, pour Adam et Eve et tous leurs descendants, ne sont qu'une des moindres conséquences du péché originel.
Quelque chose de bien plus grave pour eux ce fut d'être chassés du Paradis terrestre, de n'avoir plus aucun droit au Paradis céleste, l'être dépouillés de la grâce sanclifiante, d'être disgraciés par Dieu et dignes de l’enfer, comme les mauvais anges.
JULIE. — Heureusement, le bon Dieu fut miséricordieux ! Au lieu de ‘punir nos premiers parents, il leur accorda un délai, et leur offrit les grâces nécessaires pour se repentir ! |