‹ Dialogues sur le catéchisme de Québec [microforme]Chapitre 18 sur 25 · MARIA, EVA, ANNA, CLAIRE, ROSE, AGATHE, ALMA, BERTHE, JUSTINE · texte numérisé non relu

MARIA, EVA, ANNA, CLAIRE, ROSE, AGATHE, ALMA, BERTHE, JUSTINE

MaRia.—On dit que le péché originel a donné à tous les hommes une inclination au mal.

Avez-vous remarqué cette inclination ?

Eva.—Hélas ! oui ; il y a des gens qui sont naturellement fiers, d’autres sont jaloux, d’autres tiennet à l'argent, d’autres aiment les plaisirs, d’autres sont gourmands, d'autres sont irascibles, d’autres sont paresseux.

ANNA.—II me semble en effet que chaque individu a son défaut particulier, son défaut dominant.

CLAIRE.—-II serait donc utile à chacun de connaitre ce défaut, afin de le détruire.

RoSE.—Détruire le défaut dominant ? On n'en est pas capable ! C’est comme une mauvaise plante, qui a de très longues racines : on peut bien la couper, mais elle repousse toujours, si on ne parvient à la déraciner entièrement.

CLAIRE.—Si l’on peut déraciner une mauvaise plante, ne peut-on pas déraciner un défaut ?

RosE.—Non, jamais complètement : tant que serons en ce monde, ce qu'on appelle la concupiscence nous fera la guerre : nous aurons toujours à lutter contre nos défauts.

AGATHE.—Contre nos défauts ? En a-t-on plusieurs ?

JUSTINE.—Sans doute : cependant, comme nous

l'avons dit, dans chaque personne il y en a ordinairement un, qui est comme le capitaine, le chef, la tête des autres ; on l'appelle péché capital.

Il faut aussi remarquer que chacun de ces péchés est comme le père d’un grand nombre d’autres.

JUSTINE.—C’est ce que veut dire le Catéchisme, en parlant des principales sources du péché ?

BERTHE.—Préeisément ; le péché originel est comme la grande source de tous les péchés ; et comme elle a été empoisonnée à l’origine, les autres sources qui en dépendent sont toutes également viciées.

ANNA.—Sont-ils nombreux ces vices capilaux ?

MaRra—On en compte ordinairement sept, qui sont : l'orgueil, l’avarice, l’impureté, l'envie, la gourmandise, la colère et la paresse.

ANNA.—Est-ce qu’on ne représente pas quelquefois ces vices sous la forme de certains animaux ?

JUSTINE.— Ah! oui; c’est pour indiquer que tous ces vices dégradent la nature humaine, et font ressembler plus ou moins à certaines bôles.

C'est ainsi que l’orgucilleux est représenté par un paon, l’avare par un crapaud, l’impudique par un bouc, l’envieux par un serpent, le gourmand ou l’ivrogne par un pourceau, le colérique par un lion, et le paresseux par une tortue.

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