SCÈNE PREMIÈRE
UN DOMESTIQUE, puis LA COMTESSE ET LE DUC.
(Un domestique ouvre la porte et vient déposer un tableau sur un petit chevalet sur la table. La comtesse entre suivie du duc.)
LA COMTESSE. On 8 apporté cc tableau?
LE DOMESTIQUE. Oui, madame la comtesse, à Tinstant.
LAC0.MTESSE. Cestbien.{Ledomestique so)'t. Au dut.) Mon cher duc, regardez donc, voilà un véritable bijou.
LE DDC, mettant son lorgnoyi et 7'egardani. Oh ! c'est ravissant! de qui est-ce?
LÀ COMTESSE. De M. Paul Aubry, je l'ai fait acheter ces jours derniers, il était chez l'encadreur. J'ai fait commander le pendant.
LE DUC. Vous avez bien fait.
DIANE. Vous aimez ce que fait M. Aubry ?
LEDUC. Beaucoup. Ma mère a, je crois, quelques dessins de lui dans son album.
DUNE. Vous êtes un peu artiste, vous, mon cher duc?
LE DUC. Oh! je dessine comme tout le monde.
LE DOMESTIQUE, })araissant. M. le comte fait demander si M"'« la comtesse est visible.
DIANE. Certainement!
LE DUC, se levant, tend la main à Diane. Comtesse !
DIANE. Eh bien, où allez-vous?
LE DUC. Je me retire.
DIANE. Pourquoi?
LE DUC. Ne vient-on pas d'annoncer le comte ^
DIANE. Est-ce une raison pour vous en aller?
LE DUC. Je craignais...
DIANE. Restez, duc, restez... mon mari part.
LE DUC. Ah! il part?
DIANE. Oui, pour une de nos terres. Il vient me dire adieu. Vous voyez qu'il n'y a pas d'indiscrétion à rester.
LE COMTE, entrant. Bonsoir, chère Diane. ' DUNE. Bonsoir, mon ami.
LE COMTE, au duc. Votre santé est bonne, monsieur le duc.
LE DUC. Très-bonne , monsieur le comte, et la vôtre?
LE COMTE. Excellente, merci! {A Diane.) Vous êtes sortie?
DIANE. Oui, je rentre « rinslanl.
LE COMTE. Avez-vous vu ma sœur?
DIANE. Non, mais je crois bien que je la verrai ce soir, je n'ai pas eu le temps de passer chez elle, j'ai été faire des emplettes. Leduc a eu la bonté de m'offrir son bras.
LE COMTE, voyant le tableau. Et c'est là une de vos emplettes?
DIANE. Oui!
LE COMTE. Je vous cu fais mon compliment, c'est une charmante chose.
DIANE. N'est-ce pas?
LE DUC. Le fait est que c'est ravissant.
DIANE. Et vous partez ?
LE COMTE. Dans une demi-heure.
DIANE. Vous serez de retour?
LE COMTE. Dans un mois, au plus tard, à moins qu'il ne vous prenne la fantaisie devenir me rejoindre.
DIANE. Peut-être bien.
LE COMTE. Voilà qui serait aimable.
DIANE. Avec qui chassez-vous là-bas?
LE COMTE. Avec Fernand,Agénor,Maxime etLucien.
DIANE. Je vois que vous ne vous ennuierez pas.
LE COMTE. Dites-moi, s'il m'arrivait une lettre du ministère, voudriez-vous me l'expédier tout de suite.
DIANE. Non-seulement cette lettre-là, mais toutes celles qui vous arriveront.
LE COMTE. Le ministre m'a parlé hier d'une mission dont il compte me charger.
DIANE. Partir encore !
LE COMTE. Vous savcz que je ne vous force pas à m'accorapagner.
DIANE. Oh ! je le sais.
LE COMTE. Maintenant à votre tour, avez-vous quelques commissions à me donner ?
DIA^E. Oui, quelques chiffons et des petits vêtements pour la femme de votre garde et ses enfants. On a dû apporter tout cela, faites-le demander à Jenny. Ne l'oubliez pas, j'aime beaucoup cette brave femme.
LE COMTE. Ce sera fait... C'est tout?
DIANE. Oh ! mon Dieu oui.
LE COMTE. Adieu alors ma chère Diane.
DIANE. Allons, bonne chasse.
LE COMTE. M'écrirez-vous?
DIANE. Certainement. {Le comte lui baise la main.)
LE COMTE, au duc. Adieu, monsieur le duc ! {!( lui serre la main^)
LE DUC. Monsieur le comte ! {Le comte sort.)