SCÈNE PREMIÈRE
DIANE, seule, arrangeant les fleurs de sa coiffure devant sa glace.
Ce domestique ne revient pas. (Le domestique paraît.) Ah ! le voici- ■• Eh bien!
LE DOMESTIQUE. Voici la rpponsc, madame la comtesse.
Di.vNE. Bien, et ces antres papiers?
LE DOMESTIQUE. Cc soRt des cartcs de visite
DIANE Le vicomte de Tcrnon avec ces mots au crayon : dixième fois- La carte du duc- {Au donnestique.) Qu'avez-vous répondu à ces messieurs-
LE DOMESTIQUE. Qiic M"'^ la comtcssc resterait chez elle ce soir jusqu'à onze heures.
DUNK- Ont-ils dit qu'ils viendraient?
LE DOMESTIQUE. Oui, Madame-
DIANE. C'est bien, allez. (// sort. Diane ouvre la lettre et lit) « N'insistez pas, je vous en prie ; vous w refuser quelque chose m'est trop pénible, mais >> vous savez, je vous l'ai dit, que je ne veux pas » affronter le monde qui vous entoure, j'ai trop peur >^ que ce monde ne surprenne mon secret et ne vous « en fasse un crime- Je tiens à votre réputation « plus qu'à ma vie. Il me semble que je ne serais « pas assez maître de moi, et qu'un seul de mes « regards vous perdrait- Gardez-moi la solitude et >^ le mystère, et soyez belle et joyeuse au milieu de 1^ ceux que vous recevrez. Ce soir, à onze heures, « je passerai sous vos fenêtres ; si le signal s'y •t) trouve, c'est que je pourrai monter un instant ^^ vous dire combien je suis heureux depuis trois )^ semaines; sinon, à demain. Pensez un peu à moi V qui passe ma soirée à travailler en pensant à » à vous. » {Elle cache la lettre dans son sein-) Il n'y a rien à répondre, il a peut-être raison.
LE DOMESTIQUE, annonçant. M°^^ Delaunay.