‹ Diane de Lys; comédie en cinq actes, en proseChapitre 25 sur 40 · LES MÊMES, PAUL · texte numérisé non relu

LES MÊMES, PAUL

MARCELINE. Oui, Diauc, tuas raison.., ta meilleure amie.

DIANE. Il faut vous dire, pour vous expliquer l'intonation que mou amie donne à ses paroles, que lorsqu'on vous a annoncé, elle était occupée à me faire de la morale.

PAUL. A propos de quoi, Madame ?

DIANE. Elle disait que j'ai tort de vous recevoir.

MARCELINE A cettc heurecl, du moins.

PAUL. Madame faisaitbien, et je comprends qu'une amitié de plus vieille date et qui a donné plus de preuves que la mienne, soit un peu jalouse de moi.

MARCELINE. Ce u'cst pas de la jalousie, mais de la raison... A mon avis, Diane a tort de vous recevoir, je le répète, à l'heure qu'il est, et surtout dans les intentions où elle est.

PAUL. Quelles intentions ?

DIANE. La chose la plus simple du monde.. Je vous prie de ni'aecompagner au bal.

PAUL, Vous, Madame?

DUNE Oui, ce soir.

PAUf. Et où do*jc?

DIANE. Chez la princesse de Cadignan.

PAUL. Et pourquoi, bon Dieu?

DIANE. Parce que, comme on m'accuse de ne vous recevoir qu'en cachette, je veux qu'on sache que je vous reçois publiquement.

PAUL. Que ce serait donc là une belle chose à apprendre à t9ntde monde !

DIANE. Je le veux.

PAUL. Et moi je ne le veux pas.. D'où vous est venue cette idée, je vous le demande un peu?

DIANE. De ce que ma belle-sœur a dit du mal de vous ici, et que je veux lui faire voir ce que vous êtes, et que je ne la crains pas. Oh ! je lui ai répondu, allez !

PAUL. Et vous avez eu tort... Laissez dire . que m'importe... {A Marceline.) N'est-ce pas, Madame? {A Diane) Si vous désirez aller à ce bal. Madame vous y accompagnera, mais moi, quelle folie! {A Marr.eline.) Etes-vous rassurée, Madame?

MARCELINE. Oui, Mousicur, et je crois que vous êtes digne de l'amitié de Diane

PAUL. Maintenant, comtesse, si vous voulez aller au bal, je vous laisse... Si Madame permet que je l'accompagne jusqu'à sa voiture, je lui ofifre mon bras.

MARCELINE. J'acccptc votrc bfas, Monsieur.

PAUL, s'approckant de Diane. Adieu, comtesse.

uiANB 6a*. Je n'irai pas au bal... je vous attends.

„ lOi -

vA.\Ji, prenant le bras de Marceline. Madame...

MARCELINE, à Dm/je. A demain,

DIANE. A demain! Eh bien, tu as vu, cs-tu con^ tente ?

MARCELINE. Oul, mais ce n'est pas tout.

DIANE. N'en demande pas trop. {Marceline et Paul sortent.)

DIANE, à la fem?ne de chambre qui paraît. Dites qu'on détèle.

LA FEMME DE CHAMBRE. Madame la comtesse ne sortira pas?

DIANE. Non.

LA FEMME DE CHAMBRE. Et IcS domCStiqUeS?

DIANE. Ils peuvent se retirer. {La femme de chambre sort. Diane étant ses bracelets et ses fleurs.) Ah ! Marceline, tu auras beau faire, je ne te sacrifierai pas mon amour.

LA FEMME DE CHAMBRE, rentrant. Madame la comtesse n'a plus besoin de moi ?

DIANE, Non... Attendez dans ma chambre, {La fetntne de chambre sort, Paul entre.)

Page 1